Si John Barry ne compose pas la
musique du James Bond de L'Espion qui m'aimait, c’est pour une raison triviale. Installé à Los Angeles pour
éviter de payer des impôts mirobolants en Grande-Bretagne, il n’a désormais
plus le droit de travailler dans son pays natal. Or la production des films de
la série étant localisée en Angleterre, il faut lui trouver un remplaçant. Le producteur Albert Broccoli
– désormais séparé de son comparse Harry Saltzman – se tourne alors vers Marvin Hamlisch, un
musicien très en vogue oscarisé pour les bandes originales de L’Arnaque et Nos plus belles années.
Hamlisch accepte de relever le défi et remet
le « James Bond Theme » au goût du jour en mêlant un orchestre
classique avec une instrumentation ouvertement disco. « A l’époque les Bee Gees faisaient fureur et j’adorais
leur musique », avoue-t-il. « J’ai donc pris une base rythmique inspirée des Bee Gees, tout en conservant l’esprit
musical de ce qui avait été fait auparavant. » Ainsi nait le morceau
« Bond 77 », dont la folle énergie jaillit dans chacune des scènes
d’action du film, dès l'inoubliable pré-générique qui s'achève par un vertigineux saut en parachute aux couleurs de l'Union Jack.
Pour « Nobody Does it Better », la chanson du
générique, Hamlisch décide de suivre la voie tracée par Paul McCartney :
un prologue doux au piano (qui puise son inspiration directement chez Mozart) s’acheminant
vers une orchestration pop soutenue par un grand orchestre. « Pour un personnage exubérant, il faut se tourner vers Mozart » explique Hamlisch. Ecrite par Carole
Bayer Sager et interprétée par Carly Simon, la chanson devient très vite un
tube international.
© Gilles Penso



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