She
de Robert Day (Grande-Bretagne)
avec Ursula Andress, Peter
Cushing, John Richardson, Andre Morell, Rosenda Monteros, Christopher Lee,
Bernard Cribbins
Soucieuse de
varier les plaisirs après le succès de ses adaptations de Dracula, Frankenstein et
consorts, la compagnie britannique Hammer s’est laissée influencer par la vogue
des péplums inondant les écrans du monde entier dans les années 60, et inaugura
avec La Déesse de Feu une petite
série de longs-métrages d’aventures exotico-fantastiques. Le roman qui sert de
base au scénario, le fameux « She » de H. Rider Haggard, avait déjà
été maintes fois adapté à l’écran, dès Méliès en 1898, mais cette version est
la première à bénéficier de la couleur et du format Cinemascope. Ce qui
n’empêche guère, hélas, La Déesse de Feu
de mettre la pédale douce sur l’aspect spectaculaire et dépaysant du récit, les
budgets n’ayant visiblement guère augmenté depuis la période où tous les films
de la Hammer étaient tournés dans de modestes studios.
L’intrigue s’amorce en
Palestine, en 1918. Démobilisés par l’armée, Leo Vincey (John Richardson) et
Hollis L. Holly (Peter Cushing) échouent en compagnie du valet Job (Bernard
Cribbins) dans un cabaret oriental qu’on croirait échappé d’un James Bond. Les
fans du grand Peter Cushing pourront ainsi admirer leur idole en train de
s’adonner à une danse du ventre effrénée, ce qui n’est pas banal ! Tombant
dans un traquenard, Leo est enlevé par des hommes qui le mènent à Ayesha, une
splendide jeune femme interprétée par Ursula Andress. Révélée trois ans plus
tôt dans l’inoubliable James Bond contre Docteur No, la belle suissesse trouve ici l’un de ses rôles les plus
marquants, et s’avère d’ailleurs être l’un des seuls attraits d’un film
manquant par ailleurs de fantaisie et d’emphase.
Reconnaissant en Leo la
réincarnation de l’homme qu’elle aimait jadis, elle lui confie une bague et une
carte, et lui demande de traverser le désert pour venir la retrouver dans la
cité perdue de Kuma. Séduit et curieux, Leo accepte de se prêter au jeu et se
lance dans la périlleuse expédition, en compagnie de ses deux fidèles amis.
Parvenant enfin à la cité de Kuma (dont l’entrée est une gigantesque statue,
l’une des visions les plus impressionnantes du film, servie par un trucage
optique très réussi), les trois Occidentaux découvrent qu’Ayesha est une
tyrannique souveraine, régnant sur des esclaves à qui elle impose un régime de
terreur, et servie par un fourbe conseiller nommé Billali (l’incontournable
Christopher Lee).
Âgée de 2000 ans, elle doit son immuable jeunesse à la Flamme
de la Vie Eternelle qui permet à ceux qui s’y plongent de connaître les joies
de l’immortalité. Malgré les protestations de ses compagnons, Leo accepte de
partager le trône d’Ayesha et de se plonger dans la flamme. Le dilemme qui
préside à cette décision est probablement l’un des éléments scénaristiques les
plus forts du film, poussant les protagonistes à mesurer les conséquences d’une vie éternelle. Ce
questionnement mis à part, La Déesse de
Feu reste un spectacle distrayant mais quelque peu anecdotique. L’année
suivante, John Richardson partagera l’affiche d’une autre aventure exotique de
la Hammer, le fameux Un Million d’Années Avant JC, aux côtés cette fois ci de la belle Raquel Welch.
© Gilles Penso
Thema: EXOTISME FANTASTIQUE

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