Ant-Man and the Wasp
De Peyton Reed
(USA)
Avec Paul Rudd,
Evangeline Lilly, Michael Douglas, Michael Peña, Michelle Pfeiffer, Hannah
John-Kamen, Lawrence Fishburne
Pour contrebalancer la relative gravité dont Avengers : l'ère d'Ultron dotait l’univers cinématographique Marvel, Peyton Reed nous proposait en 2015 un Ant-Man très rafraîchissant (et plutôt cohérent malgré le départ précipité d’Edgar Wright après un désaccord avec le studio Marvel). La démarche est très similaire ici. Le public ayant été quelque peu estomaqué par la noirceur inattendue de Avengers : Infinity War, une « récréation » plus légère était de mise. D’où ce Ant-Man et la Guêpe qui cultive la même bonhommie décontractée que son prédécesseur et se situe chronologiquement avant les événements marquant l’ascension du tout-puissant Thanos.
Pour contrebalancer la relative gravité dont Avengers : l'ère d'Ultron dotait l’univers cinématographique Marvel, Peyton Reed nous proposait en 2015 un Ant-Man très rafraîchissant (et plutôt cohérent malgré le départ précipité d’Edgar Wright après un désaccord avec le studio Marvel). La démarche est très similaire ici. Le public ayant été quelque peu estomaqué par la noirceur inattendue de Avengers : Infinity War, une « récréation » plus légère était de mise. D’où ce Ant-Man et la Guêpe qui cultive la même bonhommie décontractée que son prédécesseur et se situe chronologiquement avant les événements marquant l’ascension du tout-puissant Thanos.
Grâce à sa propension à ne jamais se prendre au sérieux
trop longtemps, Ant-Man et la Guêpe
nous permet d’accepter des énormités scénaristiques qui, en temps normal,
provoqueraient un rejet généralisé, qu’il s’agisse de cette antagoniste qui
interrompt soudain l’intrigue pendant cinq bonnes minutes pour nous raconter
les origines de ses pouvoirs et ses tourments dans leurs moindres détails, des
motivations gentiment évasives d’un méchant caricatural campé par Walton
Goggins (déjà « bad guy » dans Tomb
Raider), ou encore de ces aberrations scientifiques liées aux voyages dans
le monde quantique (on se croirait presque dans une parodie d’un film de
Christopher Nolan).
Ce qui est surtout appréciable, dans le film de Peyton Reed,
c’est la générosité et l’inventivité de ses multiples séquences d’action,
déclinant jusqu’à plus soif les infinies possibilités qu’apporte la capacité des
protagonistes à faire réduire ou grandir les gens et les objets. Cette boulimie
narrative nous évoque à plusieurs reprises L'Aventure intérieure avec lequel Ant-Man et la
Guêpe présente de nombreux points communs. Les allusions au chef d’œuvre de
Joe Dante s’alignent d’ailleurs joyeusement, notamment lorsque Scott Lang,
réduit à la moitié de sa taille originale, peine pour s’asseoir sur la
banquette arrière d’une voiture (comme jadis Kevin McCarthy et Fiona Lewis), ou
dans ce climax surréaliste où Michael Douglas s’immerge dans l’infiniment petit
aux commandes d’un submersible en tous points semblable à celui que pilotait Dennis
Quaid trente ans plus tôt. Ce sens de la démesure (au sens le plus strict) nous
donne droit à un chassé-croisé totalement délirant dans les rues de
San-Francisco, version mi-Playmobil mi-Godzilla de la célèbre poursuite
automobile de Bullit.
Motivé par ce
trop-plein d’énergie, Christopher Beck, déjà en charge de la musique du premier Ant-Man, déchaîne son orchestre pour
les passages les plus épiques et teinte sa bande originale de rythmes électroniques
et de sonorités synthétiques lorsque la comédie prend le pas. Volontairement déconnecté
de la grosse artillerie des Avengers, si l’on excepte plusieurs allusions aux
événements survenus pendant Captain America : Civil War, ce second Ant-Man
obéit à sa propre logique et préfère largement le plancher des vaches aux
odyssées cosmiques… Même si son ultime séquence, située comme il se doit après
le générique de fin, raccroche les wagons et intègre finalement le film dans l’arc
narratif de ce vaste univers filmique dont il constitue le vingtième épisode.
© Gilles Penso

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