(Pumpkinhead)
de Stan
Winston (Etats-Unis)
avec Lance
Henriksen, Jeff East, Kimberly Ross, John d’Aquino, Joel Hoffman, Cynthia Bain,
Kerry Remsen, Florence Schauffler
Pour son premier film en tant que réalisateur, l’as des effets spéciaux Stan Winston puise son inspiration dans un poème d’Ed Justin et en tire un scénario qu’il co-écrit avec Mark Patrick Carducci, Richard Weinman et Gary Gerani. Au fin fond de l’Amérique profonde, le fermier Ed Harley (Lance Henriksen) tient une petite épicerie avec son jeune fils Billy (Matthew Hurley). Bientôt débarque la traditionnelle bande de jeunes écervelés, qui ont hâte de faire crisser les pneus de leurs motos dans la montagne. Deux d’entre eux se lancent dans une course pétaradante et Billy est renversé par accident, succombant vite à ses blessures.
Pour son premier film en tant que réalisateur, l’as des effets spéciaux Stan Winston puise son inspiration dans un poème d’Ed Justin et en tire un scénario qu’il co-écrit avec Mark Patrick Carducci, Richard Weinman et Gary Gerani. Au fin fond de l’Amérique profonde, le fermier Ed Harley (Lance Henriksen) tient une petite épicerie avec son jeune fils Billy (Matthew Hurley). Bientôt débarque la traditionnelle bande de jeunes écervelés, qui ont hâte de faire crisser les pneus de leurs motos dans la montagne. Deux d’entre eux se lancent dans une course pétaradante et Billy est renversé par accident, succombant vite à ses blessures.
Fou de douleur, Ed se met en quête de la vieille Haggis (Florence
Shauffler), une femme qui vit dans une cabane sinistre au sommet de la montagne
et possède selon la rumeur des dons de guérisseuse. « Je n’ai pas le
pouvoir de ressusciter les morts », lui dit-elle d’emblée. En revanche,
elle peut lui permettre de se venger. Suivant ses instructions, Ed se rend dans
un cimetière abandonné, déterre un cadavre desséché et le lui ramène. « Pour
chacun des maux de l’homme, il y a un démon particulier », explique
Haggis. « Celui-là, c’est la vengeance. La vengeance cruelle, sournoise,
pure comme le venin ». Elle entaille la main d’Ed et Billy, fait couler
leur sang sur le cadavre. Aussitôt, Pumpkinhead revient à la vie. Haut de près
de trois mètres, le crâne hypertrophié, les doigts griffus et les os saillants,
c’est un monstre superbe, entré au pantéhon des créatures légendaires du cinéma
d’horreur.
Sa morphologie possède bien des points communs avec le prédateur d’Alien, et Stan Winston, qui fut à la
bonne école, le filme de manière
fort similaire, fractionnant par le cadrage le dévoilement de son anatomie et
le plongeant dans une pénombre constante. La mise en scène de Pumpkinhead s’avère ainsi très soignée.
La tension est vraiment palpable dans la première moitié du film, celle qui
raconte les prémisses de l’accident et ses conséquences immédiates. On constate du coup un décalage entre le
traitement formel du film, typique des années 80 (lumières colorées peu
réalistes, fumigènes à outrance, musique synthétique), et le réalisme avec
lequel sont traitées les situations et les réactions des personnages.
Hélas,
dès que le monstre paraît et entame sa quête vengeresse, les lieux communs
prennent le relais. Les protagonistes ne sont plus dès lors que de la chair à
saucisse qui hurle et court en tout sens, sous les assauts répétés du
croquemitaine sournois. L’originalité est alors à chercher du côté du
personnage incarné par Lance Henriksen, qui regrette très vite d’avoir
sollicité ce démon. Dévoré par les remords, il se tourne contre lui, tel un
capitaine Achab, et n’a plus qu’une idée en tête : le détruire. « Je
vais le renvoyer à l’Enfer d’où il vient », lance-t-il, un lance-flammes à
la main. C’est là une belle métaphore de l’homme luttant contre ses propres
désirs de vengeance. Pumpkinhead se
clôt sur un climax déchirant, proche de celui de La Mouche et sur un bel épilogue qui annonce une suite possible. Il
y en aura trois, respectivement réalisées par Jeff Burr en 1994, Jake West en
2006 et Michael Hurst en 2007.
© Gilles Penso
Thema: DIABLES ET DÉMONS

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