1934 - TARZAN ET SA COMPAGNE

(Tarzan and his Mate)
De Jack Conway (USA) 
Avec Johnny Weismuller, Maureen O’Sullivan, Paul Cavanagh, Forrester Harvey, Neil Hamilton, Nathan Curry, Doris Lloyd 

Dans ce second Tarzan produit par la MGM, nous retrouvons Harry Holt (Neil Hamilton), ancien partenaire de James Parker, toujours appâté par le cimetière des éléphants dont il espère tirer une petite fortune. Pour y parvenir, il s’adjoint les services de son ami Martin Arlington (Paul Cavanagh). Mais son but inavoué est aussi de retrouver Jane, dont il est secrètement amoureux. Hélas, une expédition concurrente a volé le plan des lieux qu’il avait dessinés de mémoire et réquisitionné tous les hommes du village. Holt et Arlington constituent donc d’urgence une nouvelle équipe et foncent à leur suite.

Tandis que les « oui bwana » saturent une fois de plus la bande son, le colonialisme et le racisme inhérents au concept initial s’avèrent plus prégnants que jamais. Ainsi découvre-t-on que nos gentils blancs avaient tranquillement envisagé de sacrifier une dizaine d’hommes au cours de l’équipée, mais que le nombre risque d’être plus élevé que prévu ! Arlington abat même de sang froid l’un des hommes qui refusent d’avancer, puis a des remords : cet homme aurait pu transporter quinze kilos d’ivoire ! En chemin, nos aventuriers de l’ivoire perdu sont attaqués par les Gabonis, une tribu de redoutables guerriers cannibales. Les scènes d’action qui s’ensuivent sont très efficaces et la violence plutôt crue (des cadavres ensanglantés et criblés de flèches pendent aux arbres).

Enfin parvenus au sommet de la montagne, les hommes sont ensuite agressés par une horde de gorilles surexcités (des hommes déguisés, comme dans le film précédent) qui les bombardent de rochers. Indigènes et singes tombent dans le vide en hurlant au cours d’une séquence époustouflante, jusqu’à ce que le cri de Tarzan n’interrompe le massacre. Ce sont alors les retrouvailles avec le couple le plus en vue de l’Afrique. Pour tenter Jane de rentrer à Londres, Holt a apporté des robes et des toilettes, mais rien ne semble pouvoir l’arracher à la jungle et ses charmes. En robe de soirée, elle déclare à ses deux courtisans, qui en ont presque la bave aux lèvres , que « la meilleure arme de la femme, c’est l’imagination de l’homme. »

Ce deuxième épisode nous permet de découvrir la vie quotidienne de Tarzan et Jane. Installés dans une cabane arboricole (une idée proche du mythe d’Adam et Eve qui s’avère absente des romans de Burroughs), ils s’ébattent joyeusement dans la rivière (la scène fit hurler la censure car Jane, doublée à l’occasion par la nageuse olympique Josephine McKim, y exécute un plongeon entièrement nue !) et s’amusent à des exercices de haute voltige entre les arbres. Notre sauvageonne pousse même un cri aigu guère convaincant qui imite celui de Tarzan, pour l’appeler en cas de danger. Et des dangers, le film en regorge : la charge très impressionnante d’un rhinocéros, l’attaque aquatique d’un énorme crocodile, une nouvelle cavalcade d’éléphants virulents, et la grande scène finale dans laquelle nos héros sont doublement agressés par une tribu de guerriers et une meute de lions affamés tandis que Tarzan et un groupe de singes arrivent à la rescousse.  
© Gilles Penso
Thema: EXOTISME FANTASTIQUE