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de Nimrod Antal (Etats-Unis)
Avec Adrien Brody, Topher Grace, Alice Braga, Walton Goggins, Oleg Taktarov, Laurence Fishburne, Danny
Trejo
Robert Rodriguez n’est certes pas le cinéaste le plus fin du monde, mais son hommage au cinéma d’horreur des années 70/80, Planète Terreur,
était un véritable bijou cinéphilique. Le
réalisateur hongrois Nimrod Antal, quant à lui, avait franchi la
frontière hollywoodienne avec succès grâce à son suspense horrifique Motel redoutablement efficace. Savoir les deux hommes aux commandes d’un nouvel épisode de la saga Predator,
le premier au poste de producteur, le second sur le fauteuil du
réalisateur, avait de quoi laisser planer quelques espoirs, d’autant que
Rodriguez et
Antal n’ont jamais tari d’éloges sur le premier épisode de John
McTiernan qu’ils semblent vénérer au plus haut point.
A tel point, d’ailleurs, que Predators ne tient compte ni de Predator 2, ni des deux affligeants Alien vs. Predator pour
mieux se concentrer sur le tout premier opus, qui semble être ici la
référence absolue. Le schéma narratif est a priori très similaire : un
commando armé affronte des chasseurs extra-terrestres dans une
jungle luxuriante. Mais le postulat de départ, lui, a beaucoup changé. A
mi-chemin entre Cube et Lost, le prologue de Predators plonge
en effet une dizaine de personnages qui ne se connaissent pas dans un
lieu qui leur est tout autant étranger. Comment sont-ils arrivés dans
cette
forêt inhospitalière ? Pourquoi ? Qui se cache derrière cet
enlèvement collectif ? Telles sont les interrogations mises en exergue
dans la première partie prometteuse de
Predators.
Au bout d’une
bonne vingtaine de minutes, les protagonistes découvrent ce que les
spectateurs ont deviné depuis longtemps : ils ont été
kidnappés et largués sur une planète qui sert de terrain de chasse à
des prédateurs extra-terrestres émules du comte Zaroff. A partir de là,
Predators se
contente hélas d’imiter maladroitement son illustre modèle sans jamais
chercher à le transcender. Certes, les maquillages de Greg Nicotero
reproduisent à merveille la créature du regretté Stan Winston, le
compositeur John Debney imite note par note la partition originale
d’Alan Silvestri (occupé semble-t-il par la bande originale de
L’Agence Tous Risques) et même Adrien Brody se prend pour Arnold Schwarzenegger, mais la mayonnaise ne prend pas
pour autant. A quoi bon vouloir prolonger un classique s’il s’agit simplement d’en reproduire servilement les mécanismes ?
D’autant que Nimrod Antal et Robert Rodriguez semblent n’avoir retenu de Predator que
sa cosmétique sans se soucier un seul instant des thématiques
développées par John McTiernan, des complexes relations qu’il tissait
entre l’homme et
la nature et du manichéisme qu’il s’amusait à détourner. Comme en
outre le scénario de cette suite/remake regorge d’incohérences et de
coups de théâtre absurdes, que les comédiens ont laissé leur
finesse au placard (mention spéciale à Laurence Fishburne dans le
rôle le moins crédible de sa carrière) et que la jungle soi-disant
extra-terrestre ressemble à une forêt américaine pas exotique
pour un sou, Predators met en exergue séquence après séquence l’inutilité de sa mise en œuvre et présente finalement
un seul véritable mérite : renforcer davantage notre attachement au chef d’œuvre matriciel de John McTiernan.

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