(The Fourth Kind)
d’Olatunde Osunsanmi (USA / GB)
avec Milla Jovovich, Will Patton, Hakeem Kae-Kazim, Corey Johnson, Enzo Cilenti, Elias Koteas, Eric Loren, Raphael Coleman
Contrairement à ce que pourrait laisser croire son titre français maladroitement opportuniste, Phénomènes Paranormaux
n’est pas un succédané de Paranormal Activity (gros
succès en salle l’année précédente) mais un film
étrange qui mixe la science-fiction à l’épouvante psychologique en
s’appuyant sur un procédé narratif original aux allures de docu-fiction.
Le scénario s’appuie sur un fait réel dûment établi par
le FBI : dans la ville de Nome, en Alsaka, des disparitions
inexpliquées se produisent régulièrement depuis les années 60 sans
qu’aucune explication logique n’ait pu être donnée. La piste
des enquêteurs officiels s’oriente bien sûr vers des kidnappings et
des meurtres, mais pour Hollywood, il semblait plus séduisant d’adopter
la thèse des abductions extra-terrestres.
Le titre original, Fourth Kind ,
ne laisse
d’ailleurs planer aucun doute, se référant directement à la fameuse
typologie établie par le scientifique Alan Hynek pour hiérarchiser les
contacts entre humains et aliens : la rencontre du
premier type est l’observation d’un phénomène spatial inexpliqué,
celle du deuxième type caractérise l’interaction physique de ce
phénomène avec des témoins, et celle du troisième type concerne
le contact établi avec une forme extra-terrestre. Quant à la
« Rencontre du Quatrième Type », elle semble liée aux enlèvements
d’humains par des extra-terrestres, un thème qui a
alimenté moult scénarios de la série X-Files mais que le réalisateur Olatunde Osunsanmi aborde sous un angle volontairement
hyperréaliste. Le doute est d’ailleurs volontairement entretenu quant à la véracité des événements décrits dans le film.
Car
le montage, surprenant, insère régulièrement des documents vidéo
mettant en scène les « véritables »
acteurs du drame (séances d’hypnose de l’époque filmées par les
psychiatres, enregistrements par des caméras de police, documents
tournés pour une université, etc.). A l’écran, il n’est pas rare
qu’un split-screen montre ainsi deux fois la même scène, version
cinéma et version « réalité ». Pour enfoncer le clou, les comédiens se
présentent dès le début du film pour nous
annoncer qu’ils s’apprêtent à interpréter des personnages réels.
Milla Jovovich incarne ainsi la psychologue Abigail Tyler, traumatisée
par le meurtre de son époux et préoccupée par plusieurs de
ses patients souffrant de troubles sévères du sommeil suite à des
cauchemars récurrents…
Alors,
info ou intox ? De toute évidence, le film est un gigantesque canular,
mais la minutie et le
réalisme avec lequel les témoignages « réels » sont reconstitués et
intégrés à la narration font tout l’intérêt d’un long-métrage qui, par
ailleurs, ne raconte rien de foncièrement
novateur. La mise en scène d’Osunsanmi s’avère d’ailleurs parfois
exagérément maniérée, là où un peu plus de sobriété aurait été de mise.
Mais il faut reconnaître que Phénomène
Paranormaux sait
susciter le trouble, en partie grâce à l’implication de ses comédiens.
Milla Jovovich nous surprend agréablement dans un registre
moins physique et beaucoup plus intériorisé qu’à l’accoutumée,
épaulée par de solides partenaires tels que Will Patton et Elias Koteas.
Bref rien de neuf sous le ciel extra-terrestre, mais une
habile et innovante variation sur un thème connu.

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