jeudi 11 octobre 2018

2006 - KINKY KONG

de John Bacchus (2006)
Avec John Fedele, Sabrina Faire, Darian Caine, A.J. Khan, Duane Polcou, Alexia Moore, Lora Renee, Jennifer Stanczak

Des imitations, séquelles, remakes et parodies, King Kong en aura connu beaucoup au fil des ans, depuis sa première spectaculaire incursion sur les écrans du monde entier en 1933. Mais aucune de ces variantes n’aura été aussi calamiteuse que Kinky Kong, à côté duquel même les effroyables King Kong revient ou King Kong 2 passeraient pour des chefs d’œuvre ! Le principe d’un pastiche paillard au budget étriqué et à l’humour au-dessous de la ceinture n’était pas détestable en soi. Dans le genre, les deux Flesh Gordon ou Queen Kong avaient su nous distraire et palliaient leurs moyens modestes par une inventivité décuplée. Mais ici, l’exaspération nous gagne dès les premières secondes. 

Le scénario reprend dans les grandes lignes celui du King Kong original : un cinéaste mégalomane (John Fedele en totale roue libre) déniche l’actrice idéale (Sabrina Faire) pour l’emmener sur une île sauvage où il mène une petite expédition à la recherche d’un gorille géant, lequel est ramené à New York pour y être exhibé avant son inévitable évasion. Le jeu des acteurs totalement catastrophique, la pauvreté des décors (généralement quatre murs à peine éclairés) et l’ineptie des gags ont déjà de quoi rebuter les spectateurs les plus indulgents. Mais comment ne pas baisser les bras lorsqu’on constate qu’une bonne moitié du film est constituée de scènes d’une aberrante gratuité au cours desquelles des jeunes femmes en tenue relativement sexy se déhanchent face à la caméra ? Chacune de ces séquences dure dix bonnes minutes et n’en finit plus de s’étirer, sans dégager le moindre érotisme dans la mesure où les pin-up se contentent de remuer sans conviction et ne laissent jamais apparaître un seul bout de chair (si les seins se dénudent, une main prude les dissimule aussitôt). 

Le gorille géant ne fait donc que de la figuration. Il s’agit comme on pouvait s’y attendre d’un comédien engoncé dans un costume grotesque et affublé d’un couche-culotte masquant une érection permanente, tandis que son faciès ahuri arbore une grosse langue pendouillante. La bête est incrustée dans le décor via quelques approximatives incrustations sur fond vert. Assez bizarrement, John Bacchus prend tout de même la peine de parodier le combat de Kong contre l’allosaure et sollicite à cet effet le savoir-faire de l’animateur Brett Piper, qui avait su agrémenter maintes productions fauchées de créatures en stop-motion du plus bel effet (Mystérieuse Planète, A Nymphoïd Barbarian in Dinosaur Hell, Arachnia). Hélas, son talent ne transparaît guère dans Kinky Kong, le dinosaure en question étant une figurine balourde très maladroitement animée, et incrustée n’importe comment dans les séquences avec le gorille géant. 

Le final accumule les gags embarrassants (le producteur est pris de flatulences intempestives, le matelot Jack tombe amoureux du singe et se travestit en blonde, le monstre se masturbe à flanc de building et éjacule des litres de semence sur son prétendant, le métro aérien file tout droit dans les fesses de Kong, avant que ce dernier n’aille s’accoupler avec la Statue de la Liberté), sans que le film ne nous épargne ces sempiternelles et insupportables séquences de déhanchements féminins à répétition.

© Gilles Penso
Thema: SINGES, DINOSAURES

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