Bag of Bones
de Mick Garris (USA)
avec Pierce Brosnan, Melissa George,
Annabeth Gish, Anika Noni Rose, Matt Frewer, Jason Priestley
Très belle histoire de fantômes publiée en 1998, « Sac d’Os » permet à Stephen King, à travers un nouveau personnage d’écrivain, de raconter les tourments de la perte d’un être cher et les affres d’une inspiration créative soudain tarie. Mick Garris envisage d'abord d’en tirer une adaptation pour le cinéma, mais la période n’est guère propice à un tel film. Le genre horrifique sur grand écran est en effet à l’époque principalement tourné vers un public adolescent friand de frissons aussi spectaculaires qu’inoffensifs. Beaucoup plus adulte, « Sac d’Os » trouvera finalement son chemin sur le petit écran, prenant la forme d’un téléfilm de 157 minutes destiné à la chaine A&E.
Très belle histoire de fantômes publiée en 1998, « Sac d’Os » permet à Stephen King, à travers un nouveau personnage d’écrivain, de raconter les tourments de la perte d’un être cher et les affres d’une inspiration créative soudain tarie. Mick Garris envisage d'abord d’en tirer une adaptation pour le cinéma, mais la période n’est guère propice à un tel film. Le genre horrifique sur grand écran est en effet à l’époque principalement tourné vers un public adolescent friand de frissons aussi spectaculaires qu’inoffensifs. Beaucoup plus adulte, « Sac d’Os » trouvera finalement son chemin sur le petit écran, prenant la forme d’un téléfilm de 157 minutes destiné à la chaine A&E.
Nous y faisons
connaissance avec l’écrivain Mike Noonan (Pierce Brosnan), qui a pour habitude
de demander à sa femme Jo (Annabeth Gish) d’écrire sous sa dictée la fin de
chacun de ses livres. C’est une convention entre eux, preuve de leur connivence
et de leur complicité. « Ces romans, je n’aurais jamais pu les écrire sans
toi », dit-il. Au détour d’une scène de dédicace, le film adresse un clin
d’œil furtif à Misery lorsqu’un fan
se fait signer une énorme pile de livres et que l’épouse de Mike lui
chuchote : « amuse-toi bien avec Annie Wilkes ». Mais pendant
cette séance de signature, elle traverse la rue pour aller acheter en douce un
test de grossesse et meurt écrasée par un bus. Autour de Mike, le monde semble
s’écrouler, la vie donne l’impression de s’arrêter. Ses nuits commencent à se
peupler de cauchemars et le voilà désormais incapable de comprendre le sens de
mots tels que « repos », « tranquillité » ou
« paix ».
Bien décidé à tourner la page, Mike part s’installer dans
sa maison de campagne bâtie au bord d’un lac, à Dark Score. Là, il est frappé par le
syndrome de la page blanche, comme si sa source d’inspiration était morte en
même temps que son épouse. Soudain, le fantôme de Jo semble communiquer avec
lui. C’est en tout cas ce que laissent supposer ces lettres magnétiques qui
s’animent sur la porte du frigo, ou celle cloche accrochée à la tête d’un cerf
qui se met à tinter. A moins qu’il ne s’agisse d’autosuggestion, d’illusions
dues à la douleur de la perte… Sa rencontre avec la jeune veuve Mattie (Melissa
George) et sa fille Kayla (Caitlin Carmichael) semble pouvoir amorcer un
nouveau départ dans la vie de Mike. Mais la petite ville est hantée par un
lourd passé. Une chanteuse dixie des années 30 y est morte dans des
circonstances dramatiques, tout comme plusieurs petites filles noyées par des
adultes en proie à la « folie de Dark Score ». D’où un flash-back
glauque et brutal expliquant l’origine de la malédiction.
Oubliant ses
habituels mouvements de caméra au grand angle, Mick Garris opte pour une mise
en scène plus sobre et plus proche de ses comédiens, s’adaptant à merveille à
cette histoire triste et sombre. C’est sans conteste l’un des meilleurs films
qu’il ait consacrés à l’univers de Stephen King. A fleur de peau, Pierce
Brosnan livre quant à lui une de ses plus belles performances, d’autant plus
touchante que le comédien vécut lui-même, dans le monde réel, la perte d’une
épouse partie trop tôt. « Etant donné qu'il avait perdu
sa femme quelques années plus tôt, la situation était assez délicate et je voulais être
prudent avec ça», nous explique Mick Garris. « Mais il s’est pleinement engagé dans le film, a beaucoup
travaillé son texte chez lui afin d’être totalement prêt au moment du tournage,
avec une connaissance très précise de son personnage. Il était tellement bien
préparé que je n’avais plus grand-chose à faire sur le plateau. C’est l’un des meilleurs acteurs avec
lesquels j’ai pu travailler. » (1)

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