Jumanji :
Welcome to the Jungle
de Jake Kasdan (USA)
avec Dwayne Johnson, Jack Black, Kevin Hart, Karen Gillan, Nick
Jonas, Bobby Cannavale
Une
séquelle de Jumanji ? Voilà un
projet qui, de prime abord, n’avait rien de particulièrement enthousiasmant. Le
sympathique film d’aventures fantastiques concocté en 1995 par Joe Johnston
avait déjà eu droit à une sorte de variante spatiale, Zathura, qui ne marqua pas excessivement les mémoires. Avec le
spécialiste de la comédie potache Jake Kasdan (Bad Teacher, Sex Tape) derrière la caméra et le massif Dwayne
Johnson en tête d’affiche, ce nouveau Jumanji
n’augurait rien de bon, d’autant que sa mise en chantier deux ans à peine après
la mort de Robin Williams fit grincer quelques dents.
Autant être
honnête : la surprise est excellente. Certes, Jumanji : Bienvenue dans la Jungle n’entrera pas dans les
mémoires comme un chef d’œuvre du genre, mais l’aventure est trépidante, la
mise en scène fougueuse et les comédiens hilarants dans le registre de
l’auto-dérision décomplexée. Dès l’entame, le film se joue des clichés pour
mieux les détourner. Après un prologue situé à l’époque du premier film et
propulsant un adolescent dans le monde parallèle du jeu de plateau Jumanji,
Jake Kasdan nous présente ses quatre héros : des lycéens archétypaux
jusqu’à la caricature dont le potentiel comique réside dans leur capacité à
révéler par petites touches des travers bien réels. Nous voici donc en présence
de la jolie blonde persuadée que le monde tourne autour d’elle et qui ne pense
pas pouvoir vivre sans son téléphone, du geek chétif qui peine à développer une
vie sociale digne de ce nom, de la marginale à la beauté discrète qui s’avère
plus intelligente – mais aussi plus hautaine – que son entourage et du grand
costaud sympathique mais franchement creux.
Chacun des membres de ce quatuor
hétéroclite ayant bravé le corps enseignant, tous se retrouvent en retenue dans
une salle d’archives avec pour mission d’y trier de vieux magazines. C’est là
qu’ils tombent sur une console de jeu d’un autre âge, jouent au jeu Jumanji et
se retrouvent soudain aspirés dans une jungle virtuelle pleine de dangers. Le
principe comique consiste alors à faire entrer nos ados dans la peau de héros
qui ne leur ressemblent absolument pas physiquement. The Rock se moque ainsi de
son propre physique exagérément athlétique, Karen Gillian (Nebula dans Les Gardiens de la Galaxie) incarne une
sorte de Lara Croft délicieusement maladroite, Kevin Hart joue sur les clichés
généralement attribués aux sidekicks noirs blagueurs et Jack Black révèle une
féminité que nous ne lui connaissions pas !
Sur ce postulat, tous les gags
sont permis, au sein d’une épopée truffée d’effets visuels spectaculaires, de
créatures impressionnantes (des hippopotames géants, des rhinocéros albinos, un
redoutable mamba, des jaguars féroces, un éléphant titanesque, un sinistre
rapace) et de cascades impensables (la poursuite en hélicoptère dans le canyon,
l’escalade à flanc de montagne sur une moto). Certes, tout ça ne vole pas très
haut, mais la générosité du spectacle l’emporte sur toute réserve. Le grand
public ne s’y trompe pas, réservant à cette séquelle un accueil triomphal. Ce
sera la cinquième plus grosse recette au box-office de l’année 2017.
© Gilles Penso
Thema: MONDES VIRTUELS, EXOTISME FANTASTIQUE, MAMMIFÈRES

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