« L’homme est un loup pour l’homme ». A travers le mythe du
loup-garou, cet adage métaphorique prend corps de manière très
impressionnante. La figure du lycanthrope évoque avant tout la bête qui
sommeille en chacun de nous, le fameux Ça psychanalytique que l’on
retrouve à travers d’autres motifs liés à la métamorphose tels que le
cas de Jekyll et Hyde imaginé par Robert Louis Stevenson.
A l’origine, il y a cependant une maladie mentale bien tangible, une
psychose maniaco-dépressive qui poussait certains individus à se
prendre pour de véritables loups, et que la médecine qualifia
de « lycanthropie » (« lycos » pour loup et « anthropos » pour
homme). Le mythe de l’homme-loup remonte apparemment à l’antiquité
gréco-romaine. Des magiciens anthropophages s’y transformaient
volontairement en carnassiers velus pour mieux se repaître de leurs
semblables.
Mais c’est au moyen âge que la légende fut prise le plus au sérieux,
des dizaines de milliers de pauvres hères ayant été condamnés pour
lycanthropie et écorchés vif à la plus grande satisfaction
d’une population désespérément bigote et superstitieuse. Car du
loup-garou au Diable, il n’y avait qu’un pas que les inquisiteurs de
l’époque franchirent allègrement, estimant que l’eau bénite
était d’ailleurs un moyen de protection efficace contre ces suppôts
de Satan hirsutes. Durablement ancrée dans les mentalités médiévales,
cette croyance s’est nourrie de la terreur générée par
les véritables loups qui erraient alors dans les campagnes, comme en
témoignent les contes de Grimm et Perrault. C’est à cette époque que la
plupart des « règles » furent définies. Ainsi fut-il
établi que les hommes atteints de cet étrange mal subissaient leur
métamorphose les nuits de pleine lune, se repaissaient de chair humaine,
étaient dotés d’une force colossale et ne pouvaient
être détruits qu’avec une arme en argent.
Le mode de contamination, quant à lui, évolua au fil des ans. Liée
d’abord à une hérédité malheureuse ou à une malédiction ancestrale, la
lycanthropie devint une sorte de virus transmis par
morsure suite à l’intervention des scénaristes américains, à travers
des œuvres telles que Le Loup-Garou
de
George Waggner. Du coup, plusieurs points communs se tissèrent entre
le mythe de l’homme-loup et celui du vampire. Ces deux créatures
étaient d’ailleurs réputées pour s’affronter depuis toujours,
leur condition d’ennemis naturels étant perpétuée dans des films
tels que La Furie des Vampires ou la saga Underworld. La technique évoluant, les séquences de métamorphoses – simples fondus enchaînés au départ – prirent une
tournure bien plus spectaculaires grâce aux progrès des effets de maquillages mécanisés, comme en témoignent Hurlements et Le Loup-Garou de Londres qui, à ce jour, demeurent encore les mètres étalons du genre.
© Gilles Penso
FILMS CHRONIQUÉS:
1935: Le Monstre de Londres de Stuart Walker
1941: Le Loup-Garou de George Waggner
1969: Dracula contre Frankenstein de Tulio Demichelli et Hugo Fregonese
1980: Hurlements de Joe Dante
1981: Le Loup-Garou de Londres de John Landis
1981: Wolfen de Michael Wadleigh
1985: Peur Bleue de Daniel Attias
1985: Teen Wolf de Rod Daniel
1985: Hurlement 2 de Philip Mora
1987: Monster Squad de Fred Dekker
1935: Le Monstre de Londres de Stuart Walker
1941: Le Loup-Garou de George Waggner
1969: Dracula contre Frankenstein de Tulio Demichelli et Hugo Fregonese
1980: Hurlements de Joe Dante
1981: Le Loup-Garou de Londres de John Landis
1981: Wolfen de Michael Wadleigh
1985: Peur Bleue de Daniel Attias
1985: Teen Wolf de Rod Daniel
1985: Hurlement 2 de Philip Mora
1987: Monster Squad de Fred Dekker
2003: Underworld de Len Wiseman
2004: Van Helsing de Stephen Sommers
2005: Underworld Evolution de Len Wiseman
2008: Underworld 3 : le Soulèvement des Lycans de Patrick Tatopoulos
2010: Wolfman de Joe Johnston
2004: Van Helsing de Stephen Sommers
2005: Underworld Evolution de Len Wiseman
2008: Underworld 3 : le Soulèvement des Lycans de Patrick Tatopoulos
2010: Wolfman de Joe Johnston
2011: Dylan Dog de Kevin
Munroe

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