de J.J. Abrams (Etats-Unis)
Avec Kyle Chandler, Elle Fanning, Amanda Michalka, Ron Eldard, Noah Emmerich, Joel Courtney, Riley Griffiths, Ryan Lee
Dès son titre, Super 8 annonce
la couleur : nous allons voyager dans le temps.
Effectivement, lorsque le logo d’Amblin emplit l’écran Cinémascope,
soutenu par une partition emphatique et aérienne, nous voilà revenus au
début des années 80, à l’époque où Steven Spielberg
réalisait et produisait des contes pour adolescents emplis de
monstres et de merveilles. La référence à l’époque glorieuse de Gremlins, Retour vers le Futur ou
Le Secret de la Pyramide est pleinement assumée par J.J. Abrams, qui a grandi devant ces films bien avant de devenir l’instigateur des
séries Alias et Lost, puis d’offrir un nouveau souffle aux sagas
Mission Impossible et Star Trek.
Officiellement parrainé par le réalisateur d’E.T., il lui déclare ici son amour cinéphilique sans jamais tomber dans le travers
de l’imitation servile ou du clin d’œil appuyé. Car Super 8 possède
sa propre personnalité et puise de toute évidence une grande partie
de son inspiration dans les souvenirs d’enfance du cinéaste. Nous
sommes en 1979, à la fin de l’année scolaire, dans une bourgade
tranquille de l’Ohio. Un petit groupe de teenagers, qui tourne un
film d’horreur en super 8 sous l’influence du Zombie de
George Romero, est témoin d’une catastrophe ferroviaire extrêmement
spectaculaire. Suite à cet accident, les gens de la ville commencent à
disparaître et les phénomènes étranges se multiplient.
Tandis que l’armée commence à investir les lieux et que la police
semble impuissante, nos jeunes héros semblent les seuls à pouvoir
découvrir la vérité…
Si la plupart des figures imposées du genre semblent au rendez-vous, J.J. Abrams slalome habilement entre
tous les clichés semés sur sa route, refusant l’archétype et la caricature (chers au très surestimé Les Goonies)
au profit d’une
construction dramatique solide et de protagonistes extrêmement
touchants. Les séquences d’action ébouriffantes (le crash du train est
un morceau d’anthologie qui fera probablement date) ne
prennent donc jamais le pas sur les personnages, véhicules d’humour,
de tendresse et d’émotion. Super 8s’affirme
du coup comme un
véritable exercice d’équilibrisme, à mi-chemin entre la nostalgie
sincère (ceux qui ont connu les joies et les frustrations des
courts-métrages en 8 mm verront leurs souvenirs ravivés), la
quête permanente d’originalité (le scénario ne cesse de nous mener
par le bout du nez jusqu’à un climax de toute beauté) et l’hommage
assumé au cinéma de Steven Spielberg, dont l’ombre
omniprésente semble planer sur l’ensemble du métrage.
Tour à tour, Rencontres du Troisième Type, E.T., Les Dents de la Mer, Jurassic Park et même La Guerre des Mondes y
trouvent des correspondances visuelles et thématiques, tandis que
la somptueuse bande originale écrite par Michael Giacchino paie son
tribut aux symphonies de John Williams. Pour autant, Abrams conserve le
style qui lui est propre, tant dans l’écriture de ses
dialogues que dans ses partis pris visuels (les fameux « lens
flare » de Star Trek
sont toujours de la partie).
Voilà donc une œuvre en état de grâce, dont l’alchimie presque
miraculeuse tient autant à ses auteurs qu’à sa magnifique brochette
de jeunes comédiens rivalisant de justesse et de spontanéité.
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