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dimanche 5 mai 2019

PETER MAYHEW : UNE ANECDOTE DU MONTEUR DE "L'EMPIRE CONTRE-ATTAQUE".


L'histoire est toute simple, sans fioritures. Elle ne fera pas la une des journaux, ni le buzz sur les réseaux sociaux, mais elle dit en quelques mots toute l'importance de l'homme sous le costume, fut-ce un costume de Wookie. Peter Mayhew n'était pas un simple figurant à la taille gigantesque capable d'agiter ses grands bras sous le pelage simiesque créé par le maquilleur Stuart Freeborn. C'était un comédien, un vrai. C'était aussi un homme d'une générosité proverbiale, dont les actions associatives sont aujourd'hui poursuivies par sa famille. Laissons la parole à Paul Hirsch, chef monteur de La Guerre des Etoiles et de L'Empire Contre-Attaque.

« Il y a quarante ans, nous étions en train de tourner L'Empire Contre-Attaque, et le planning prévoyait une scène avec Chewbacca. Mais Peter Mayhew ne se sentait pas bien ce jour-là. La décision fut prise malgré tout de tourner ce qui était prévu, avec une doublure dans le costume. J'ai regardé les rushes le lendemain, et aucune prise n'était utilisable. Ça ne ressemblait pas du tout à Chewie. C'est comme si l'acteur ne portait pas de costume et nous montrait qu'il n'avait rien à voir avec Chewbacca. La scène a été retournée lorsque Peter fut en meilleure forme. RIP Peter Mayhew. »

lundi 31 décembre 2018

LES MEILLEURS FILMS FANTASTIQUES DE 2018 ? ET LES PIRES ?


Le 31 décembre, c'est le moment des bilans. Traditionnellement, chacun y va de son TOP/FLOP de l'année. Et bien sacrifions à la traditions. Voici une liste de nos 10 films fantastiques préférés de l'année 2018, et celle des 7 que nous aimons le moins (parce qu'il y a plus d'aimés que de mal aimés, ce qui est plutôt rassurant finalement). Choix subjectif, forcément, comment pourrait-il en être autrement ?


TOP 10
par ordre de préférence


Les Indestructibles 2

Spider-Man New Generation



The Man Who Killed Hitler and then the Bigfoot







FLOP 7
sans ordre particulier



Deadpool 2



Un Raccourci dans le Temps

Darkest Minds: Rébellion

mercredi 28 février 2018

JEU CONCOURS L'ENFER DES ZOMBIES : 2 COFFRETS A GAGNER !

Bonne nouvelle : Artus Films, éditeur spécialisé dans la réédition en DVD de films fantastiques parfois perdus ou tombés dans l'oubli, se lance dans l'édition de coffrets Blu-Ray collector.

Autre bonne nouvelle : le film d'horreur ultra culte L'Enfer des Zombies de Lucio Fulci inaugure cette nouvelle collection à travers un combo Blu-Ray/DVD/Livre à se pourlécher les babines.

Nouvelle carrément excellente : deux exemplaires de cet objet de collection sont à gagner !

Pour participer au jeu concours, il suffit de répondre à ces trois questions, dont les réponses peuvent se trouver dans votre Encyclopédie du Cinéma Fantastique préférée. Les deux premiers à répondre (en laissant un commentaire sous ce texte) gagneront le précieux coffret ! A vos marques… Prêts ?… Partez !

Question 1: Quel est le film de zombie réalisé en 1932 par Victor Halperin ? 
Question 2 : Quel film de zombies français atypique est sorti en salles en 2003 ?
Question 3 : Combien de films compte-t-on dans la saga Le Retour des Morts-Vivants ?

Que les meilleurs gagnent !

vendredi 27 octobre 2017

DANS LES BACS !

Attention aux portefeuilles, les rayons DVD/Blu-Rays se remplissent de choses bien appétissantes ces jours-ci. Petit panorama non exhaustif :



Les Diaboliques
Le chef d'œuvre d'Henri-George Clouzot débarque dans une splendide édition Digibook Collector Blu-ray + DVD + Livret. Indispensable ! Incontournable ! Paul Meurisse meurt et ressuscite. Vera Clouzot est au bord de la syncope. Simone Signoret cache bien son jeu. Mille fois imité, jamais égalé, le thriller horrifique de Clouzot se bonifie avec le temps et ne cesse de malmener ses spectateurs jusqu'à son terrible dénouement.



Le Salaire de la Peur
Clouzot est aussi à l'honneur avec son autre chef d'œuvre, serti dans une édition tout aussi luxueuse. Le film qui a inspiré le fameux Sorcerer de William Friedkin continue de jouer avec nos nerfs et à donner des leçons de suspense à tous les apprentis cinéastes. Yves Montand et Charles Vanel y sont tout simplement parfaits.


Blade Runner
L'œuvre matricielle de Ridley Scott nous revient dans une édition collector célébrant en beauté le trente-cinquième anniversaire du film. Un Blu-Ray HD + un Blu-Ray en 4K, quatre disques bourrés de bonus, un livret… Difficile de résister.



Phantasm
L'intégrale de la saga de Don Coscarelli sertie dans un superbe coffret, ça vous tente ? Cinq films de terreur surréaliste avec des boules volantes perceuses de crâne, des entités maléfiques et un croque-mort iconique. Les fans de la première heure apprécieront…



Wonder Woman
Petit coup de cœur pour le film de Patty Jenkins, première vraie réussite du cinématique universe DC depuis la désertion de Christopher Nolan derrière la caméra. Gal Gadot  et Chris Pine sont irrésistible, la romance est touchante, les séquences de combat décoiffent. Bref, même pour les amoureux de Lynda Carter (autrement dit la majorité des habitants de la planète), ce nouveau souffle fait du bien !



Le Complexe de Frankenstein
Et puis puisqu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même, comment ne pas vous recommander cette déclaration d'amour aux créateurs de monstres du cinéma fantastique, concoctée avec minutie par Alexandre Poncet et par votre serviteur ? Et quelle joie de voir son propre film aussi bien servi par l'éditeur Carlotta Films qui, fidèle à ses habitudes, a soigné chaque détail de cette magnifique édition double DVD/Blu-Ray.

A suivre…

jeudi 22 juin 2017

POST MORTEM : DU SANG SUR LES ONDES !


Est-il nécessaire de vous présenter Mick Garris ? Réalisateur du réjouissant Critters 2, de l'audacieux Psychose 4, du délirant La Nuit Déchirée et d'une foule d'adaptations de Stephen King (Le Fléau, Shining, Désolation, Sac d'Os), initiateur de la série Masters of Horror, Mick Garris est une encyclopédie vivante du cinéma fantastique. 


Depuis plusieurs mois, pour le plus grand plaisir des fantasticophiles, il anime un podcast au titre révélateur de POST MORTEM, invitant sur son plateau les réalisateurs du genre que nous aimons pour leur faire révéler tous leurs secrets. Incontournable - et gratuit ! - ce podcast peut s'apprécier en cliquant ICI. Amateurs d'horreur et de fantastique, faites-vous plaisir !


mercredi 3 février 2016

GERARDMER 2016 : RETOUR SUR LES DIX FILMS EN COMPETITION

Maintenant que le palmarès du 23ème Festival du Film Fantastique de Gérardmer est tombé, réjouissant les uns, laissant perplexes les autres, revenons à tête reposée sur les dix films en compétition, les primés et les autres. La plupart d'entre eux ne connaîtront pas les honneurs d'une sortie en salles chez nous, certains se fraieront un chemin jusqu'en DVD ou en Blu-Ray, d'autres risquent de sombrer dans l'oubli… Les revoici donc un par un, dans un ordre alphabétique volontairement non hiérarchique.

Bone Tomahawk (GRAND PRIX DU FESTIVAL) est un western minimaliste et réaliste qui met en vedette un quatuor mené par Kurt Russell (arborant le même look que dans Les Huit Salopards), parti au secours d'une jeune femme et de l'adjoint du shérif, capturés par une tribu d'indiens troglodytes. Le film part sous les meilleurs auspices, grâce à ses personnages attachants campés par d'excellents comédiens, mais le voyage initiatique attendu se mue en promenade répétitive, besogneuse et interminable. Car il ne se passe pratiquement rien pendant une heure et demi de métrage, et la patience du spectateur y est mise à très rude épreuve. D'autant que soudain, à vingt minutes de la fin, le film opère un virage à 180° pour basculer dans une violence qui ferait presque passer Cannibal Holocaust pour un épisode de Violetta. Le film nous laisse forcément une impression mitigée, tant les intentions de son réalisateur nous échappent… 

Devil's Candy (PRIX DU PUBLIC ET PRIX DE LA MEILLEURE MUSIQUE) est signé Sean Byrne, qui nous avait déjà offert une belle surprise à Gérardmer, quelques années auparavant, avec The Loved Ones. Son dernier né est également du meilleur cru. Stylisé, rythmé, nimbé d'un discret parfum "années 80" dans son approche du boogeyman et de ses exactions, ce récit de possession diabolique sur fond de musique metal et de peinture macabre se déguste avec délectation et s'achève sur une séquence de suspense pour le moins éprouvante. Parmi ses nombreux atouts, le film dresse le portrait d'une famille attachante, et notamment les liens crédibles qui unissent une adolescente à un père idéalisé dont le rôle protecteur sera peu à peu mis à mal au fil d'une intrigue à rebondissements. On note aussi un usage étonnant de la musique qui, en plein climax, entre directement dans la narration. Devil's Candy est l'un des films les plus récréatifs et les plus distrayants de la sélection.

Evolution (PRIX DE LA CRITIQUE ET PRIX DU JURY EX-AEQUO) est un cas un peu à part. Adepte d'un fantastique austère et subtil, la réalisatrice Lucile Hadzihalilovic nous perd un peu au sein d'une intrigue délibérément hermétique située dans un village côtier peuplé uniquement de femmes adultes et de jeunes garçons enfants. L'élément aquatique demeure omniprésent dans ce film au rythme lent, tout comme d'étranges mutations semblant vouloir fusionner l'anatomie humaine et celle de créatures marines. L'ombre de Lovecraft et de Cronenberg semble planer sur cette œuvre, même si son auteur ne s'y réfère jamais ouvertement (sa seule référence, en terme d'atmosphère, étant Les Révoltés de l'An 2000). La démarche artistique est indéniable, mais la difficulté d'accès de l'œuvre peut provoquer un phénomène de rejet jouant sérieusement en sa défaveur.
February de Osgood Perkins décline (comme beaucoup de films de la compétition) le thème de la possession diabolique, mais le charme n'opère pas. Maniéré, austère, monotone, cet exercice de style un peu prétentieux ne convainc guère, pas plus que sa narration déstructurée qui semble mettre à mal la chronologie pour mieux camoufler la vacuité de son récit. Les trois jeunes interprètes féminines font pourtant de leur mieux, et le film lui-même exhale un certain charme pictural non dénué d'élégance, en vain hélas. D'autant que l'intrigue - une fois que le spectateur fait l'effort de la remettre dans l'ordre - révèle un nombre non négligeable d'incohérences. Malgré la volonté manifeste du réalisateur de s'attirer les faveurs du public et de la critique, February est rentré bredouille du festival de Gerardmer, et l'on comprend pourquoi. Dans le cas du Frankenstein de Bernard Rose, grand oublié du palmarès, la décision semble plus injuste.
Sous les atours d'un drame urbain, Bernard Rose (Candyman, Paperhouse) nous propose l'une des adaptations les plus fidèles jamais filmées (dans le fond, pas dans la forme) du roman de Mary Shelley. Oubliés les bouts de cadavres recousus chers aux classiques d'Universal, la créature est ici 100% artificielle. C'est un bébé dans un corps de jeune adulte, bercé par ses créateurs en blouse blanche. Mais sa peau révèle bien vite une dégénérescence cellulaire qui pousse les savants à l'euthanasie. Or cette créature a désormais une conscience. Portée par le jeu hallucinant de Xavier Samuel (affublé d'un maquillage digne de ceux de Jeff Goldblum dans La Mouche) et de ceux qui lui donnent la réplique (Carrie-Anne Moss et Tony Todd en tête), cette fable amère convoque la responsabilité morale de celui qui joue à être Dieu et narre sans concessions (avec plusieurs pics de violence extrêmement gore) le basculement de l'innocence immaculée vers la monstruosité.

Howl est un film de loups-garous à l'ancienne, avec des créatures animatroniques et une triple unité de lieu, de temps et d'action. Voilà qui s'avère donc prometteur et pétri de bonnes intentions. L'exposition du film, calquée sur celle des films catastrophes classiques, laisse planer les espoirs, d'autant que les personnages semblent révéler d'intéressantes failles et que la mise en scène de Paul Hyett se permet quelques jolies envolées de caméra, voguant par exemple au-dessus d'un train numérique particulièrement réaliste. Mais bien vite, Howl fixe ses limites : ses protagonistes s'avèrent pétris de clichés, ses dialogues sont souvent absurdes (les confessions à répétition véhiculent un irrésistible humour involontaire), ses situations virent rapidement au grotesques et ses loups-garous souffrent d'un design particulièrement mal fichu, quelque part à mi-chemin entre les Uruk-Haï du Seigneur des Anneaux et la grosse bête de Rawhead Rex… 

Venu tout droit d'Israël et co-réalisé par les frères Doron Paz et Yoav Paz, Jeruzalem (PRIX DU JURY EX-AEQUO) nous raconte en caméra subjective l'ouverture d'une porte de l'Enfer en plein Jérusalem, le jour  ô combien sacré de Yom Kippour. Le film semble vouloir esquisser une réflexion liée à l'émergence du mal sur une terre en perpétuel conflit (une idée qui s'amorce sour forme d'un prologue assez saisissant), mais bien vite Jeruzalem vire au film-gadget empruntant le terrain mille fois balisé du "found footage" et nous resservant des situations déjà vues dans [Rec] et Cloverfield. Le film de Matt Reeves semble d'ailleurs constituer la référence majeure de Jeruzalem, qui en reprend fidèlement la structure. Cette fausse bonne idée prend rapidement les allures d'une pub pour les google glass, tandis que l'intrigue se met à collecter sans vergogne les incohérences à répétition.
Southbound (PRIX DU JEUNE PUBLIC) est une œuvre collective co-réalisée par sept cinéastes. Le principe, particulièrement récréatif, est celui d'un film à sketches dont chaque segment s'enchaîne avec fluidité, délaissant les personnages d'une histoire pour s'attacher soudain à ceux de la suivante. Une route isolée dans le désert, une station service dont on ne peut plus s'échapper, un motel inquiétant, une maison de campagne où sévissent de redoutables tueurs masqués, un hôpital (lieu du meilleur segment de cette anthologie) et un bar sinistre sont les principaux lieux de ce long-métrage à tiroirs où l'horreur surgit sans totalement se prendre au sérieux. Le film reste indéniablement distrayant, mais ses histoires manquent de chutes dignes de ce nom et le surnaturel lui-même semble traité par-dessus la jambe, comme si l'appartenance du métrage au genre fantastique autorisait toutes les bizarreries sans avoir à les justifier.

What We Become de Bo Mikkelsen, nous a laissé une impression pour le moins mitigée. Si l'entrée en matière ouvre la porte à quelques espoirs, avec sa mise en scène naturaliste et le portrait crédible d'une famille de la middle-class danoise, les choses se gâtent lorsque le film révèle sa vraie nature : une banale histoire de zombies/infectés. Tous les lieux communs, tous les passages obligatoires, toutes les figures imposées depuis La Nuit des Morts-Vivants (y compris les héros qui s'enferment dans la maison et la petite fille qui occis ses parents) nous sont assénés les uns après les autres. Dès lors, il s'avère difficile d'apprécier pleinement un film qu'on a l'impression d'avoir déjà vu mille fois. Pourtant, la plupart des protagonistes restent attachants, même lorsqu'ils révèlent une faiblesse finalement très humaine. Le titre (qu'on pourrait traduire par "Ce que nous devenons") semble ainsi s'appliquer autant aux infectés qu'aux survivants.
Excellente surprise, The Witch (PRIX SY-FY) de Robert Eggers aborde la sorcellerie sous un angle extrêmement naturaliste, s'affirmant dès le générique comme "un conte folklorique de la Nouvelle Angleterre". Minutieux dans sa reconstitution historique, extrêmement élégant dans sa mise en image (certains plans ressemblent à des tableaux de Rembrandt), pointilleux dans sa direction d'acteurs, le cinéaste ne se laisse influencer par aucun film, mais plutôt par des œuvres picturales, musicales et littéraires. Il nous offre surtout une vision très critique de la bigoterie religieuse, vécue ici comme une maladie qui gangrène et détruit peu à peu une cellule familiale. Le surnaturel s'invite lentement mais sûrement, jusqu'à un final beau, triste et effrayant. La direction des comédiens (le père faussement solide, la mère désespérée, et surtout les enfants incroyablement crédibles) est l'un des points forts de The Witch, auquel nous aurions volontiers décerné le Grand Prix du festival.

lundi 1 février 2016

GERARDMER 2016 : DERNIER JOUR et PALMARES

Dernier film projeté en compétition, What We Become, du Danois Bo Mikkelsen, nous a laissé une impression pour le moins mitigée. Si l'entrée en matière laisse planer quelques espoirs, avec sa mise en scène naturaliste et le portrait crédible d'une famille de la middle-class danoise, les choses se gâtent lorsque le film révèle sa vraie nature : une banale histoire de zombies/infectés. Tous les lieux communs, tous les passages obligatoires, toutes les figures imposées depuis La Nuit des Morts-Vivants (y compris les héros qui s'enferment dans la maison et la petite fille qui occis ses parents) nous sont assénés les uns après les autres. Il s'avère difficile d'apprécier pleinement un film qu'on a l'impression d'avoir déjà vu mille fois.


Le temps du palmarès est alors arrivé, révélant son lot de surprises. Mais sans doute fallait-il s'y attendre, dans la mesure où la plupart des membres du jury (notamment son président Claude Lelouch) sont novices en matière de cinéma fantastique. Voici donc les résultats :

Prix du meilleur coutr-métrage : Quenottes de Pascal Thiébaux et Gil Pinheiro


Prix du jury jeune : Southbound de Radio Silence, Roxanne Benjamin, David Bruckner et Patrick Horvath


Prix du jury Sy-Fy : The Witch de Robert Eggers


Prix du public : The Devil's Candy de Sean Byrne


Prix de la critique : Evolution de Lucile Hadzihalilovic


Prix de la musique : The Devil's Candy (musique de Michael Yezerski)


Prix du jury ex-aequo : Evolution de Lucile Hadzihalilovic et Jeruzalem de Doron et Yoav Paz


Grand prix : Bone Tomahawk de S. Craig Zahler


Les six premiers prix décernés participent d'une certaine logique, même si beaucoup avaient pour favori le désopilant L'Ours Noir dans la catégorie court-métrage. Du côté des longs, le très récréatif Southbound est parfaitement calibré pour le public ado, le magnifique The Witch avait toutes les qualités requises pour le prix Sy-Fy, le très sympathique The Devil's Candy a su divertir le public grâce à son énergie et sa musicalité (et sa bande originale méritait également un prix, d'autant qu'elle joue un rôle clef dans la narration du film), le quasi-expérimental Evolution ne pouvait que séduire la critique. 

Mais pour le prix du jury, on se perd en conjectures. Evolution est certes une initiative louable et courageuse, mais fallait-il le placer en haut de la liste des dix compétiteurs ? Quant à Jeruzalem, ce n'est qu'un gimmick mal dégrossi dont on comprend mal la place en pole position. Ce classement ex-aequo semble vouloir primer deux films situés aux antipodes, l'un très artistique et plutôt hermétique, l'autre purement récréatif et destiné au public le plus large (d'autant que notre cher jury, sans doute peu familier avec l'exercice du "found footage", y a peut-être vu une nouveauté et non la redite que les fantasticophiles aguerris ont immédiatement décelée).

Quant au grand prix, il nous laisse franchement perplexe. Le western interminable de S. Craig Zahler, certes pétri de qualités, n'en est pas moins bourré de défauts, de maladresses et d'incohérences… Beaucoup d'entre nous auraient préféré voir le superbe The Witch trôner en tête du classement. Sans parler de l'audacieux Frankenstein de Bernard Rose qui demeure le grand oublié du palmarès.

Et voila, fin de cette belle édition Gérardmer 2016. Fermons la porte du festival avec cette photo souvenir de Lucile, deux fois primée, en compagnie d'Elsa Zylberstein, membre du jury. A l'année prochaine !