The 7 Adventures of Sinbad
De Ben Hayflick et Adam Silver (USA)
Avec Patrick
Muldoon, Sarah Desage, Bo Svenson, Kelly O’Leary, Dylan Jones, Berne Velasquez,
Peter Greathouse, Clifford Garbutt
Que The 7 Adventures of Sinbad ait été conçu comme un hommage au
travail de Ray Harryhausen en général et au 7ème Voyage de Sinbad en particulier, cela ne fait aucun
doute. Le titre et le poster du film sont suffisamment explicites à ce sujet.
Mais la compagnie de production The Asylum ne s’est jamais distinguée par la
finesse de ses œuvres. Et lorsqu’on découvre, perplexe, ce qui se cache
derrière cette affiche alléchante, force est de constater que le génial
créateur des effets spéciaux de Jason et les Argonautes aurait allègrement pu se passer d’une telle descendance.
Ici, Sinbad ne porte ni le pantalon bouffant, ni le sabre, puisque c’est un
businessman du 21ème siècle, lointain descendant du célèbre marin
aventurier. Lorsqu’il apprend qu’un de ses pétroliers a été pris d’assaut par
un gang armé jusqu’aux dents, notre héros quitte son bureau du Qatar et
traverse les cieux en hélicoptère, malgré la redoutable tempête qui menace… La
première partie du film ressemble presque à un remake de L'Île Mystérieuse de Cy Endfield. Tous les ingrédients semblent
réunis : les naufragés qui s’échouent sur une île inconnue du Pacifique,
les pirates, le bateau coulé qu’il faut renflouer, le céphalopode monstrueux,
le crabe géant sur la plage, le cataclysme imminent… Hélas, la mise en scène
paresseuse, les acteurs transparents et surtout l’effroyable médiocrité des
effets spéciaux relèguent illico ce « direct to video » au statut de
nanard absolu.
Le scénario évoque sept prophéties qui annoncent la fin du
monde. Parallèlement aux aventures de Sinbad, des séismes et des catastrophes
naturelles frappent ainsi le monde, ce qui permet à The Asylum de recycler
quelques séquences de désastres bricolées pour d’autres productions maison.
Alors qu’une sauvageonne surgit de nulle part pour se joindre à notre héros et
que l’île sur laquelle il était échoué s’avère être une baleine géante (une
belle idée gâchée par un trucage épouvantable), les six autres aventures
s’enchaînent joyeusement : l’attaque de reptiles volants à mi-chemin entre
des gargouilles et des ptérodactyles (dont la morphologie évoque les monstres
d’un projet avorté de Ray Harryhausen baptisé The Elementals), la confrontation contre un cyclope géant
particulièrement disgracieux, l’intervention de démones sexy qui envoûtent les
hommes, le débarquement d’une armée de soldats mués en membres d’une secte
utopiste, le surgissement d’une créature ailée infernale aux allures de démon
cornu cracheur de feu (le Balrog du Seigneur des Anneaux n’est pas loin), la fuite finale à bord d’un ballon dirigeable
(nouvel hommage à L'Île Mystérieuse)…
Bref, The 7 Adventures of Sinbad
cherche l’inspiration partout, des Mille et Une Nuits à la mythologie grecque
en passant par Jules Verne, Jonathan Swift et J.R.R. Tolkien. James Cameron
lui-même est convoqué à travers une espèce de remake d’Abyss en fin de métrage. Ce qu’il ne peut offrir à ses spectateurs
dans la qualité, le film de Ben Hayflick et Adam Silver le propose donc dans la
quantité, avec une générosité qui forcerait presque le respect. Mais avec
autant d’images de synthèse hideuses et de péripéties grotesques, c’est
l’indigestion assurée.
© Gilles Penso
Thema: MILLE ET UNE NUITS

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