Dragonheart
De Rob Cohen
(USA)
Avec Dennis Quaid, David Thewlis, Pete Postlethwaite,
Dina Meyer, Jason Isaacs, et la voix de Sean Connery
Imaginée
par l’étudiant en cinéma Patrick Reed Johnson en 1989, l’histoire de Cœur de Dragon prend place au sein de
l’Angleterre médiévale, où le preux Bowen (Dennis Quaid) enseigne au jeune
prince Einon (Lee Oakes) l’art de la chevalerie. Mais au cours d’une bataille,
Einon est mortellement blessé, et c’est l’intervention de Draco, dragon sage et
vénérable, qui le sauve, en n’hésitant pas à lui donner la moitié de son cœur.
Hélas, Einon, en grandissant, développe une nature maléfique qui le mue bientôt
en tyran impitoyable. Il prend dès lors les traits du comédien David Thewlis.
Persuadé que Draco est en cause, Bowen décide de débarrasser la terre de tous
les dragons qui la peuplent. Il y parvient presque, mais Draco lui échappe, et
leur longue confrontation lui fait comprendre que la méchanceté d’Einon n’est
due qu’à sa nature propre, et pas à la moitié de cœur dont le dragon l’a
généreusement doté. Bowen et Draco sympathisent peu à peu, et s’allient bientôt
pour faire cesser les sanglants agissements de celui qui fut leur protégé…
Le
réalisateur Rob Cohen, auteur d’une biographie de Bruce Lee (baptisée Dragon, ça ne s’invente pas !),
avouait n’avoir jamais eu affaire jusqu’alors à des effets spéciaux, en dehors
de quelques fondus enchaînés. Il s’en est donc remis aux génies d’ILM, lesquels
confièrent le look du héros reptilien au talentueux Phil Tippett, celui qui avait
donné vie au Dragon du Lac de Feu et
au monstre bicéphale de Willow. « Nous avons imaginé un dragon plus
proche de l'imagerie asiatique qu'européenne », nous raconte Tippett. « C'est pour cette raison qu'il est
moins reptilien et moins effrayant que celui du Dragon du Lac de Feu par exemple. Il a des attitudes plutôt
félines, et son museau s'inspirait à la fois de la bouche d'un gorille et de
celle d'un homme, étant donné que cette créature parlait tout au long du
film. » (1) Même si au final Draco sent encore un peu l’image de synthèse,
dans sa texture, ses mouvements et ses yeux, et même si son design hybride
n’est pas toujours très convainquant, nous sommes là dans le domaine de la 3D
hyper-réaliste. Un comble lorsqu’il s’agit de visualiser un être aussi peu
réaliste qu’un dragon cracheur de feu, voltigeant et déclamant ses répliques
avec la voix de Sean Connery !
Quelques images, comme Draco protégeant
sous son aile Bowen par une nuit pluvieuse, ou surgissant en ombre chinoise
dans le ciel rouge du crépuscule, sont de toute beauté. La partition de Randy
Edelman nous gratifie en prime d’envolées lyriques du plus bel effet (elle sera
ensuite réutilisée à outrance dans moult bandes-annonces hollywoodiennes). Le
scénario, lui, n’est pas toujours à l’avenant, piétinant quelque peu, souffrant
d’une carence de souffle épique et semblant hésiter entre le conte léger et la
tragédie classique, sans réussir par là même à trouver un public. Dommage, car
Quaid et Thewlis sont excellents, comme à leur habitude, et les séquences où
Bowen feint de tuer Draco pour empocher les récompenses sont plutôt
savoureuses. Le film de Rob Cohen sera suivi quatre ans après sa sortie d’une
séquelle directement conçue pour la vidéo, Cœur
de Dragon, un nouveau départ, avec un casting différent et Doug Lefler
derrière la caméra.
(1) Propos recueillis par votre serviteur en avril 1998.
© Gilles Penso
Thema: HEROIC FANTASY

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