The Mummy
d’Alex Kurtzman (USA)
avec Tom Cruise, Sofia Boutella, Courtney B. Vance, Marwan Kenzari, Russel
Crowe, Annabelle Wallis, Jake Johnson
Le succès inespéré du studio Marvel devait
forcément faire des émules. Face à la profusion de films de super-héros
inspirés des comics de Stan Lee, les dirigeants du studio Universal décidèrent
d’adopter un principe similaire. Après tout, les « Universal
Monsters » des années 30 et 40 ne furent-ils pas les pionniers dans
l’exercice du crossover et du spin-off ? A cette époque, Dracula, le
Monstre de Frankenstein, le Loup-Garou et la Momie s’entrecroisaient
régulièrement et partageaient souvent la même affiche. Pourquoi ne pas
reproduire ce procédé dans un univers contemporain ? L’idée pouvait se
défendre, et Dracula Untold, réalisé
en 2014 par Gary Shore, aurait dû inaugurer ce cycle. Mais c’est un faux
départ, dans la mesure où le film n’attire pas les foules.
Universal tente sa
chance une seconde fois avec La Momie,
espérant enfin lancer son « Dark Universe ». Malgré ce que laissait
imaginer la bande-annonce du film, cette Momie
a le mérite de s’éloigner de la version de Stephen Sommers pour tenter
d’établir son propre style, du moins dans un premier temps. Mais l’humour
poussif, les dialogues idiots et l’absence généralisée de finesse jouent
d’emblée en sa défaveur. Tom Cruise y incarne un mercenaire spécialisé dans la
chasse aux trésors, un voyou sympathique auquel on ne croit pas beaucoup tant
l’archétype l’emporte sur la crédibilité. On se perd d’ailleurs en conjectures
sur le choix qui l’a poussé à jouer dans ce film, dans la mesure où Cruise
sélectionne habituellement avec beaucoup de minutie chacun de ses rôles. Sans
doute espérait-il participer activement à une franchise promise à un grand
succès.
Il faut reconnaître que la première heure du métrage enchaîne quelques
scènes réussies, notamment l’impressionnante résurrection
de la momie. On y sent d’ailleurs l’influence du cinéma d’horreur des années 80.
Comment ne pas penser au Loup-Garou de Londres lorsque Tom Cruise est régulièrement hanté par les visites de son
ami mort, ou à Lifeforce quand la
momie aspire la vie de ses victimes pour les muer en morts-vivants exsangues ?
Certes, c’est du gore propre et sans éclaboussures, mais qui s’adonne tout de
même à certains excès. Les corps y sont coupés en deux, les têtes tranchées ou
écrasées. Mais bien vite, le studio impose de nombreux éléments conçus pour
intégrer ce film dans une saga, et La
Momie se transforme dès lors en une sorte de pilote maladroit d’une future
série enchaînant artificiellement les effets d’annonce.
Sans aucune conviction,
Russell Crowe incarne donc le docteur Henry Jekyll, à la tête du centre de
recherches ultra-secret Prodigium qui a pour mission d’étudier les monstres et
d’annihiler les plus dangereux. Pour flatter les fans et leur donner envie de
voir la suite, quelques indices annoncent les futurs films de la saga : un
crâne de vampire par ci, une patte de l’étrange créature du lac noir par là…
Poussif, embarrassant, La Momie perd
alors tout attrait et tombe dans le piège jusqu’alors évité : l’imitation
du film homonyme de 1999. Tout y est, de la tempête de sable anthropomorphe à
l’armée de momies se dressant contre le héros, jusqu’à un climax absurde qui
s’ouvre vers une séquelle que tout le monde attendra avec beaucoup de patience.
© Gilles Penso
Thema: MOMIES

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