de Michel Gondry (Etats-Unis)
Avec Seth Rogen, Jay Chou, Cameron Diaz, Tom Wilkinson, Christoph Waltz, David Harbour, Edward James
Olmos
Le scénario de The Green Hornet
reprend dans
les grandes lignes le principe de la série télévisé homonyme de 1966,
elle-même inspirée d’un feuilleton radiophonique créé par
George W. Trendle. Le personnage principal est Britt Reid, rédacteur
en chef du Daily Sentinel qui décide de combattre le crime sous
l’identité du « Frelon Vert » aux côtés de son valet
Kato, expert en arts martiaux et chauffeur d’une voiture truffée de
gadgets. Mais la linéarité du concept initial est ici brisée par un
second degré permanent érodant sérieusement le caractère
héroïque du protagoniste.
Britt Reid
nous est décrit comme un enfant gâté dont l’arrogance le dispute à la
stupidité, et qui s’avère bien incapable de diriger
l’empire médiatique dont il a hérité sans l’aide de la solide équipe
rédactionnelle qui l’entoure. Ses exploits sont tout aussi patauds, et
sans le génie, la pugnacité et le courage de son
sidekick Kato, le Frelon Vert ne vaudrait pas grand-chose. Ce parti
pris est osé. Car si, dès la série TV, il était clair que le
« personnage secondaire » incarné par Bruce Lee
l’emportait allègrement sur le héros » campé par Van Williams, le
Frelon Vert n’était pas pour autant l’idiot congénital ici décrit. Pire
qu’un anti-héros, ce nouveau Frelon Vert s’avère
inculte, égoïste, couard et imbu de lui-même. Comment diable
s’attacher à pareille engeance ? Grâce à la prestation de Seth Rogen,
également co-scénariste et co-producteur exécutif du film
qui, sans chercher à racheter son personnage, parvient à développer à son égard l’empathie du public grâce à de nombreuses failles finalement très humaines.
Il en est de
même pour le méchant, un mafieux russe nommé Chudnofsky qui, malgré sa
mainmise sur le crime organisé, traverse une crise de la
quarantaine qui le plonge en plein doute existentiel. L’idée est
excellente, tout comme celle de confier le rôle à Christoph Walz,
révélation d’Inglorious Basterds.
La véritable star de The Green Hornetest cependant Jay Chou.
Sans jamais chercher à marcher sur les traces de Bruce Lee, le héros de Shaolin Basket crève ici l’écran dans le
rôle énergique, nerveux et cabot de Kato. Et Michel Gondry dans tout ça ? S’il est clair que The Green Hornet est
un film de commande, ce n’est pas un projet incongru dans les mains du
talentueux cinéaste français. Gondry envisageait déjà d’adapter la série
dans
les années 90, et sa folie visuelle a largement trouvé de quoi
s’étancher au fil des exploits déjantés du duo Britt/Kato.
Moins voyants
qu’à l’accoutumée, ses effets de style demeurent exemplaires, et
l’analyse de certaines des techniques déployées laisse
totalement pantois. Témoins ces split-screen qui s’enchaînent tels
des poupées russes et où les personnages, réunis dans un même plan, se
séparent soudain, chacun empruntant un chemin différent
tout en étant suivi simultanément par la caméra. Ou ces scènes de
combat au cours desquelles les belligérants n’adoptent pas tous la même
vitesse de déplacement, ralenti et accéléré cohabitant de
manière surréaliste, le tout aux accents d’une bande originale
trépidante signée James Newton Howard. Quant à la 3D, extrêmement
ludique, elle s’apprécie comme un livre « pop-up » où
les décors et les personnages jaillissent sous nos yeux d’enfants
ébahis.

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