(Gojira taï Beolante)
de Kazuri
Omori (Japon)
avec Kuniko Mitamura, Yoshiko Tanaka, Masanobu
Takashima, Megumi Odaka, Toru Minegishi, Koji Takahashi
Godzilla contre Biollante commence exactement là où Le Retour de Godzilla s’arrêtait.
Tandis que le corps du grand saurien radioactif gît au fond d’un volcan, de
nombreuses équipes s’activent au milieu des ruines encore fumantes de Tokyo. La
découverte de cellules encore actives de Godzilla suscite bien des convoitises
dans le milieu des « bio-majors », en particulier celles qui
envisagent de créer des armes bactériologiques. Ces cellules échouent dans les
mains du docteur Shiragami, un savant japonais installé dans un pays arabe
imaginaire baptisé Saradia. Un attentat détruit bientôt son laboratoire et tue
sa fille Erika.
Effondré, Shiragami décide de mener jusqu’au bout ses étranges
recherches. En mixant les cellules de Godzilla, celles d’une rose et celles de
sa défunte fille, il crée un hybride monstrueux qu’il nomme Biollante, d’après
l’âme spirituelle de la mythologie nordique. En mutation permanente, la
créature atteint des proportions gigantesques et prend les allures d’un arbre
anthropomorphe affublé d’une tête en forme de rose et de tentacules se
terminant par des gueules reptiliennes. Mise en scène dans de très beaux
cadrages surréalistes, Biollante pousse des cris de baleine du plus curieux
effet. Entre-temps, des terroristes bombardent le volcan où repose Godzilla, et
ce dernier ne tarde pas à faire sa réapparition. S’ensuit une extraordinaire
séquence de bataille navale dans laquelle Godzilla est bombardé par des navires
de guerre et des hélicoptères en pleine mer.
La qualité des maquettes, des
effets pyrotechniques et du montage font de cet affrontement l’un des moments
forts du film. Mais le morceau de bravoure est bien évidemment le combat
annoncé dans le titre. Godzilla se lance donc dans une violente échauffourée
avec Biollante. Au stade ultime de sa mutation, cette dernière prend les
allures d’un monstre colossal, peut-être l’un des plus impressionnants de toute
la série. Croisement contre-nature entre un dinosaure aux dents acérées et une
plante carnivore bardée de tentacules mouvants, cette créature n’aurait pas
dépareillé dans un récit de Lovecraft, et son combat avec Godzilla vaut son
pesant de brutalité, le sang verdâtre y giclant sans retenue. Godzilla contre Biollante s’inscrit
donc dans la continuité du renouveau du mythe amorcé en 1984, ajoutant au
palmarès du dinosaure radioactif un nouvel adversaire mémorable.
L’inventivité
des séquences d’action nous fait facilement oublier l’incongruité du scénario
et la banalité des séquences entre humains. Dommage tout de même que les
éléments d’espionnage industriel soient terriblement sous-exploités, le
scénario se contentant d’aligner des clichés grotesques (fusillades
cartoonesques, cascades automobiles de kermesse, méchant aux grosses lunettes
noires) au lieu de traiter ouvertement la thématique de la course à l’armement.
On sent poindre aux détours du récit quelques salves anti-américaines qui
prendront toute leur ampleur au cours de l’épisode suivant, le délirant Godzilla contre King Ghidorah.
© Gilles Penso
Thema: DINOSAURES, VÉGÉTAUX
BONUS : La jaquette du DVD américain


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