Constantine
de Francis Lawrence (Etats-Unis)Avec Keanu Reeves, Rachel Weisz, Shia LaBeouf, Gavin Rossdale, Djimon Hounsou, Tilda Swinton, Peter Stormare
Constantine est une adaptation du comic book « Hellblazer », créé par Jamie Delano et Garth Ennis pour DC/Vertigo. Pour éviter une confusion avec la franchise Hellraiser, le titre de la BD originale fut remplacé par le nom du personnage principal, lequel a subi maints changements pour son passage à l’écran. Extralucide anticonformiste à cheval entre notre monde et celui de l’au-delà, John Constantine vit à Liverpool et s’inspire physiquement du chanteur Sting. Dans le film, il se transforme en citoyen de Los Angeles et arbore les traits lisses de Keanu Reeves, après que Nicolas Cage ait été envisagé pour le rôle. On ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agit d’une erreur de casting, motivée par le succès de la trilogie Matrix, car Reeves entre sans conviction dans la peau de cette épave humaine désabusée.
Assisté par
un jeune chauffeur de taxi et en contact avec un receleur d’un genre
spécial (qui fournit de l’haleine de dragon, des ampoules
d’eau bénite, des fragments de balles provenant de l’attentat contre
le pape), John Constantine est une sorte d’exorciste guerrier en
costume cravate, armé d’un fusil en forme de crucifix. Suite
à sa tentative de suicide alors qu’il était adolescent et à sa mort
clinique de deux minutes, il a séjourné en Enfer puis en est revenu.
Depuis, il a des visions de l’au-delà, un don qu’il
considère comme une malédiction. Un jour, Angela Dodson (Rachel
Weisz), femme flic croyante, vient lui demander de l’aider à élucider le
meurtre déguisé en suicide de sa sœur jumelle
Isabel, lui affirmant que « Dieu a un dessein pour chacun de nous. »
Ce à quoi John répond stoïquement : « Dieu est un enfant qui joue à la
poupée. Il n’a aucun dessein ». Mais il accepte
l’enquête, et découvre que rien ne va plus chez Saint Pierre et
Lucifer. Jusqu’alors, les démons étaient censés rester en Enfer et les
anges au Paradis, à l’exception des hybrides des deux camps,
des « trafiquants d’influence » donnant des impulsions aux humains.
Or la donne a
changé et les démons commencent depuis peu à ramper et voleter à la
surface de la Terre. Car Mammon, le fils du Diable,
projette de venir régner sur notre monde grâce à la « lance du
destin », celle du soldat qui tua le Christ, et qu’un homme a découvert
par hasard au Mexique. Constatine a donc du pain sur la
planche. Après avoir réalisé des clips pour Britney Spears, Janet
Jackson et Jennifer Lopez, Francis Lawrence dirige là son premier long,
qu’il ponctue de séquences choc : l’exorcisme d’une jeune
fille et la capture d’un démon dans un miroir, la créature
constituée de milliers d’insectes qui attaque Constantine dans la rue,
l’agression des héros par une nuée de démons
hommes-chauve-souris en pleine nuit, Angela aspirée par une force
invisible qui lui fait traverser tous les murs d’un immeuble avec
fracas. Le clou du spectacle est la plongée de John dans les
Enfers. Inspiré d’images de tests nucléaires, le décor écarlate est
empli de bâtiments et de véhicules soufflés, de nuées de soufre et de
démons maigrichons aux visages grimaçants. Tout ça manque
cruellement de finesse, et l’apparition finale de Peter Stormare en
Lucifer confine au grotesque. Sans compter le message sous-jacent du
film, qu’on pourrait résumer ainsi : « Si tu fumes, tu
iras en Enfer » !

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Laissez votre commentaire ici