(The Day the Earth Stood Still)
de Robert Wise (USA)
avec Patricia Neal, Michael Rennie, Hugh Marlowe, Sam Jaffe, Billy Gray, Lock Martin
de Robert Wise (USA)
avec Patricia Neal, Michael Rennie, Hugh Marlowe, Sam Jaffe, Billy Gray, Lock Martin
Ancien monteur d’Orson Welles (Citizen Kane, La Splendeur des Amberson), Robert Wise passa à la mise en scène avec
La Malédiction des Hommes Chats et Le Récupérateur de Cadavres. Son treizième long-métrage, Le Jour où la Terre s’Arrêta, est probablement l’un
des plus marquants de sa longue carrière. Inspiré de la nouvelle « Farewell to the Master », cet incontournable classique commence sur les chapeaux de roues, aux accents d’une formidable partition de Bernard Herrmann.
Une soucoupe
volante apparaît dans le ciel et vient atterrir à Washington, juste
devant la Maison Blanche. La foule, la presse et l’armée
encerclent bientôt l’engin, duquel émerge Klaatu (excellent Michael
Rennie), un personnage humanoïde engoncé dans une tenue argentée et
coiffé d’un casque dissimulant ses traits.« Nous venons en
paix, et nos intentions sont bonnes », déclare le visiteur, ce qui
n’empêche pas les militaires de lui tirer dessus. Gort, un immense
robot, sort alors du vaisseau à son tour. Dénué de visage, ce
cyclope métallique projette un rayon destructeur qui anéantit en un
clin d’œil toutes les armes braquées sur lui, du plus petit revolver au
tank le plus colossal…
En pleine
guerre froide, alors que la majeure partie des films de science-fiction
américains narrent des invasions d’extra-terrestres
hégémoniques et agressifs masquant à peine la menace communiste, Le Jour où la Terre s’Arrêta
apparaît comme une délicieuse exception, une oasis humaniste
ridiculisant les
conflits humains en les plaçant dans une perspective cosmique. « Je
refuse de contribuer à vos jalousies enfantines » déclare ainsi Klaatu
au conseiller du président des Etats-Unis lorsque
celui-ci lui affirme que les chefs d’état du monde entier refuseront
de se réunir au même endroit pour écouter son message d’outre-espace. «
Ma mission n’est pas de résoudre vos petites querelles
internes », reprend le visiteur. En effet, Klaatu a été délégué sur
Terre pour annoncer aux humains qu’ils doivent cesser de développer à
outrance leurs armes de destruction atomiques au risque
de menacer la sécurité de leurs planètes voisines. Si les terriens
refusent, ils seront purement et simplement rayés de la carte stellaire.
Klaatu et
Gort sont donc deux entités complémentaires, le juge et le bourreau.
Pour démontrer son pouvoir, l’homme de l’espace coupe
l’électricité sur toute la planète pendant une demi-heure, ce qui
explique le titre du film. Car dans le monde moderne, sans électricité,
la terre s’arrête. La chasse à l’homme de la deuxième
partie du film (avec en point d’orgue la célèbre réplique « Klaatu
Barada Nikto ») pourrait tout aussi bien être une métaphore de la chasse
aux sorcières. Mais Klaatu est aussi un personnage
christique, qui apporte un message de paix, est incompris et trahi,
tué puis ressuscité (il adopte d'ailleurs le pseudonyme de Carpenter,
autrement dit "charpentier", lorsqu'il côtoie les
humains). Spielberg s’est probablement inspiré de son parcours pour
celui d’E.T. Témoignage inestimable d’une
période trouble où l’Organisation des Nations Unies peinait à se mettre en place, Le Jour où la Terre s’Arrêta est de toute évidence l’un des films de SF les plus importants et
les plus influents des années 50.
© Gilles Penso
Thema: EXTRA-TERRESTRES, ROBOTS
Thema: EXTRA-TERRESTRES, ROBOTS
BONUS : La construction de Gort
BONUS : Le tournage de la célèbre scène d'ouverture
BONUS : Klaatu et Gort
BONUS : Le tournage de la célèbre scène d'ouverture
BONUS : Klaatu et Gort
BONUS : Le poster français



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