de Walter Salles (Etats-Unis)
Avec Jennifer Connelly, John C. Reilly, Tim Roth, Dougray Scott, Pete Postlethwaite, Camryn Manheim, Ariel Gade
Ah, Jennifer Connelly ! Son nom seul suffit à nous déplacer vers les salles obscures. Danseuse en culotte courte dans Il était une fois en Amérique, adolescente tourmentée dans Phenomena, sensuelle jeune ingénue dans Hot Spot, femme forte et pugnace dans Un Homme d’Exception, elle campe ici une mère magnifique et fragile, traçant sereinement le sillon d’une carrière brillante et hétéroclite. Comme on pouvait s’y attendre, elle demeure l’atout majeur de Dark Water, reprenant avec beaucoup de conviction le rôle tenu trois ans plus tôt par Hitomi Kuroki dans le film homonyme de Hideo Nakata. A ses côtés, d’autres comédiens de talent lui donnent la réplique, notamment John C. Reilly en agent immobilier excessif, Pete Postlethwaite en gardien d’immeuble taciturne, Tim Roth en avocat solitaire et Dougray Scott en ex-mari agressif.
Avec Jennifer Connelly, John C. Reilly, Tim Roth, Dougray Scott, Pete Postlethwaite, Camryn Manheim, Ariel Gade
Ah, Jennifer Connelly ! Son nom seul suffit à nous déplacer vers les salles obscures. Danseuse en culotte courte dans Il était une fois en Amérique, adolescente tourmentée dans Phenomena, sensuelle jeune ingénue dans Hot Spot, femme forte et pugnace dans Un Homme d’Exception, elle campe ici une mère magnifique et fragile, traçant sereinement le sillon d’une carrière brillante et hétéroclite. Comme on pouvait s’y attendre, elle demeure l’atout majeur de Dark Water, reprenant avec beaucoup de conviction le rôle tenu trois ans plus tôt par Hitomi Kuroki dans le film homonyme de Hideo Nakata. A ses côtés, d’autres comédiens de talent lui donnent la réplique, notamment John C. Reilly en agent immobilier excessif, Pete Postlethwaite en gardien d’immeuble taciturne, Tim Roth en avocat solitaire et Dougray Scott en ex-mari agressif.
Quant à l’intrigue, elle demeure strictement identique à celle du premier Dark Water,
si ce n’est qu’elle a été transportée du Japon
au New Jersey, qu’Hitomi Kuroki s’appelle désormais Dahlia Williams
et que sa fillette Ikuko répond maintenant au doux nom de Cecilia. Trop
proche du film original, trop respectueux de son
modèle, ce remake annihile hélas tout effet de surprise et finit par
nous convaincre que son existence même est une aberration. Un remake
n’a-t-il pas pour intérêt principal de repositionner un
récit connu dans un nouveau contexte, de l’adapter à une époque
nouvelle, de le narrer sous un autre angle ? On n’en finirait plus de
citer les tentatives réussies en la matière, de The Thing à L'Invasion des Profanateurs en passant par La Mouche.
Mais avec seulement trois ans d’écart, les deux Dark Water
cultivent forcément trop de ressemblances. A part le déplacement
géographique, on ne voit pas bien ce qu’apporte cette relecture de
Walter Salles et de son scénariste Rafael Yglesias. Certes, reprenant
l’exemple du Cercle de Gore Verbinski qui se tirait
fort bien d’un exercice de style similaire, le scénario approfondit
ici les personnages, développe la névrose de son héroïne liée à un
traumatisme d’enfance, et nous laisse entrevoir quelques
tranches de vie chez les personnages secondaires. Plus porté sur le
drame que sur le fantastique (il réalisa notamment Central do Brasil, Avril Brisé et Carnet de Voyage),
Walter
Salles privilégie l’approche psychologique du récit à son caractère
surnaturel, n’évoquant son fantôme que du bout des lèvres.
La démarche
est loin d’être inintéressante, si ce n’est que le roman initial de
Koiji Suzuki a clairement été conçu comme une histoire
d’épouvante, et qu’édulcorer cet aspect amenuise l’intérêt global de
l’intrigue. Du coup, Dark Water version US est un film indolent
et erratique qui n’émeut que rarement, n’effraie
quasiment jamais, et s’achemine pesamment vers un double climax
mollement mis en scène. La force du film de Nakata reposait justement
sur l’opposition des sentiments – horreur et émotion – or ici
tout est désespérément baigné de la même morne tonalité. C’est
d’autant plus dommage que le film est une indéniable réussite formelle,
en particulier grâce à la vibrante partition d’Angelo
Badalamenti, la minutieuse photographie d’Affonso Beato et des
décors déliquescents à souhait signés Thérèse DePrez.
© Gilles Penso
Thema: FANTÔMES
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