vendredi 4 avril 2014

2007 - RESIDENT EVIL EXTINCTION

de Russel Mulcahy (Etats-Unis)
Avec Milla Jovovich, Mike Epps, Ali Larter, Odeh Fehr, Iain Glen, Spencer Locke, Ashanti, Gary Hudson, John Eric Bentley


La ronde des réalisateurs continue sur la saga Resident Evil. Mais contrairement à la série des Alien, sur laquelle Scott, Cameron, Fincher et Jeunet apposaient à tour de rôle leur patte et leur style, les metteurs en scène assurent ici le service minimum, sans chercher à mettre en avant la moindre personnalité. Russel Mulcahy, génial auteur de Razorback et Highlander devenu depuis un anonyme faiseur, suit donc sans panache la voie tracée par ses prédécesseurs, même si ce troisième Resident Evil bénéficie d’un nouvel atout photogénique : le désert post-apocalyptique, capté dans de belles teintes sépia sur plusieurs sites naturels mexicains. Car ici, l’inspiration de Paul Anderson (toujours fidèle à son poste de scénariste) vient moins de Zombie que de Mad Max 2, ce que confirment ces nomades traversant les vastes étendues désertiques dans un convoi de camions et d’autobus customisés avec du matériel de récupération.

Relookée d’épisode en épisode, Alice (Milla Jovovich) adopte ici une tenue héritée du western spaghetti : grand manteau poussiéreux, bottes de cow-boy et fusil, rien ne manque à la panoplie. Visiblement dotée de pouvoirs paranormaux (elle déplace les objets à distance, stoppe par la pensée des jets de flamme), la super-héroïne se joint au groupe dans l’espoir de les guider jusqu’à d’autres survivants, quelque part en Alaska. Pendant ce temps, plusieurs kilomètres sous terre, le vil docteur Isaacs (Iain Glen) poursuit ses expériences inavouables, créant des clones en série d’Alice (façon Alien Résurrection) et s’efforçant d’apprivoiser des zombies (comme dans Le Jour des Morts-Vivants). Car évidemment, les cadavres ambulants errent toujours à la surface du sol, se massant par milliers autour des grilles interdisant l’accès au laboratoire d’Isaacs.

L’une des meilleures scènes du film s’inspire ouvertement des Oiseaux d’Hitchcock. On y voit une très impressionnante nuée de corbeaux infectés s’attaquer aux héros. Plus tard, Mulcahy nous prouve qu’il a encore de beaux restes en exhibant la vision surréaliste d’un Las Vegas entièrement recouvert de sable, divers monuments surgissant ça et là tels la Tour Eiffel, le Sphinx ou la Statue de la Liberté (le final de La Planète des Singes nous revient alors en mémoire, fatalement). Dans ce décor de fin du monde élaboré par le directeur artistique Eugenio Caballero (Le Labyrinthe de Pan) se déroule un affrontement plutôt bien troussé entre Alice, ses compagnons d’infortune et une meute de zombies « domestiqués » particulièrement virulents.

La suite du film retombe hélas dans le ridicule, avec un combat final contre Isaacs, transformé en monstre aux doigts extensibles, réminiscence d’un des cénobites d’Hellraiser 2 (pour ceux qui s’en souviennent), tandis que l’ombre de George Romero plane une fois de plus sur le métrage, la fuite des héros en hélicoptère et l’intrusion des monstres à travers le grillage du laboratoire évoquant tour à tour Zombie et Le Jour des Morts-Vivants. Si Anderson clame qu’il s’agit du dernier opus de la série, la fin très ouverte semble signifier le contraire, ce qui laisse imaginer une séquelle que nous ne sommes pas vraiment impatients de découvrir.
© Gilles Penso
Thema:
ZOMBIES

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