Avengers : Age of Ultron
de Joss Whedon (Etats-Unis)avec Robert Downey Jr, Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Scarlett Johansson, Chris Evans, Jeremy Renner, Aaron Taylor-Johnson
Soyons
honnêtes : Avengers : l’ère
d’Ultron est impossible à appréhender comme un film traditionnel. A la fois
séquelle du premier Avengers et
crossover de pas moins de huit longs-métrages, il doit aussi tenir compte de
toutes les productions Marvel programmées par le studio jusqu’en 2019 et de
l’ensemble des comics consacrés aux Vengeurs depuis 1963. Or si Avengers avait su trouver le parfait
équilibre entre les impératifs stratégiques d’un studio en pleine expansion et
les intentions d’un auteur amoureux de son sujet, ce second opus peine à
retrouver l’harmonie et la pureté de son modèle.
Certes, les séquences d’action
irradient avec générosité un écran saturé de visions iconiques conçues comme
autant de cadeaux livrés aux appétits des amateurs de comics. Les morceaux de
bravoure s’enchaînent, donnant la part belle à des chorégraphies d’autant plus
grisantes qu’elles reposent souvent sur le principe de la complémentarité. Les
pouvoirs respectifs de chaque membre de l’équipe des Avengers s’additionnent
ainsi pour décupler leur efficacité. Mais deux bémols viennent entraver la
force de ces pugilats spectaculaires : une lisibilité parfois difficile
due à une propension systématique à la secousse de caméra doublée d’une 3D inconfortable,
ainsi qu’un sentiment de répétition et d’accumulation des péripéties, l’ultime
bataille rappelant par bien des aspects celle qui opposait nos héros aux aliens
du Avengers précédent.
Soucieux de ne pas
perdre de vue l’angle humain de son récit, Joss Whedon laisse ses héros exposer
leurs tourments au sein de séquences dialoguées redéfinissant leurs rapports et
leurs statuts respectifs au sein du groupe. Inattendue, la relation presque
fusionnelle qui lie Natasha Romanoff et Bruce Banner ou la vie de famille paisible
d’Hawkeye ouvrent de nouveaux horizons narratifs et placent sur le devant de la
scène des personnages habituellement en retrait. Mais du coup, le « trio
vedette » constitué de Captain America, Thor et Iron Man, perd de sa
consistance. Tony Stark, notamment, vit très peu de conflits internes au fil du
récit, alors qu’il est censé en être le personnage central dans la mesure où il
est à l’origine du redoutable Ultron. Or la décision qui préside à la création
du robot meurtrier est expédiée en quelques minutes, l’inquiétude face à ce
danger soudain est à peine esquissée, et le syndrome de l’apprenti-sorcier –
qui aurait dû logiquement constituer le cœur même de la narration – n’est
quasiment jamais traité.
D’autant que la toute-puissance d’Ultron le rend
techniquement invincible. Il peut se faufiler dans tous les réseaux, contrôler
toutes les machines, habiter tous les corps mécaniques qu’il souhaite… Lorsque
les Avengers finissent par se débarrasser de lui au bout de deux heures vingt
de métrage, d’une manière somme toute assez expéditive, on ne peut s’empêcher
d’y voir une certaine facilité scénaristique, là où un autre atout que la force
physique aurait sans doute dû être sollicité. Le bilan de ce second Avengers est donc mitigé, fixant les
limites d’un système menaçant d’enfermer ses films dans une mécanique narrative
sclérosée empêchant l’émergence de la personnalité de leurs auteurs.
© Gilles Penso

J'ai adoré la 1ère heure qui place l'intrigue de façon assez sympa. On a les jumeaux en p'tit nouveau, Black Panthère qui a mis un orteil dans le blockbuster, la création d'Ultron plutôt pas mal.
RépondreSupprimerLa 2ème heure m'a laissé plus perplexe. Des scènes d'action spectaculaires mais pas innovantes, qui n'apporte rien de neuf, avec tous les alliés d'Ultron qui donne une action proche du 1. Pas de vrais enjeux au niveau des persos et des relations entre eux. Le seul mort n'aurait fait finalement qu'un film. A force de vouloir faire la part-belle à tout le monde et ne froisser personne, l'intérêt s'éparpille je trouve. La fin est habile, la plupart des persos sont laissés entre deux eaux comme ça on peut les réactiver ou pas. Un bon film pop corn ultra vitaminé, le fan de comics y trouve son compte, mais ça aurait pu être mieux !
Merci pour cet avis détaillé.
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