de Roland Emmerich (Etats-Unis)
avec John Cusack, Chiwetel Ejiofor, Amanda Peet, Oliver Platt, Thndie Newton, Danny Glover, Woody Harrelson
Selon
une prophétie maya, le 21 décembre 2012 marquera la date de la fin du
monde, suite à l’alignement particulier des
planètes de notre système solaire et à la série de cataclysmes
naturels qui en découlera. Grâce à ce prétexte paranoïaque, Roland
Emmerich se livre avec un enthousiasme manifeste à son exercice
favori : le film catastrophe. Si Le Jour d’après faisait quelque peu illusion
dans le genre, grâce à une poignée de séquences franchement impressionnantes, on ne peut pas en dire autant d’Independence Day et Godzilla, dont les effets spéciaux spectaculaires ne rachetaient pas la stupidité
des intrigues et l’absurdité des relations humaines.
Certes, 2012 se
situe largement au-dessus
du niveau artistique de ces deux blockbusters décérébrés, mais il ne
brille pas tout à fait par la fraîcheur de son scénario. Car à tout
bien réfléchir, nous sommes ici en présence d’un remake
officieux du Choc des Mondes de
Rudolf Maté, un classique de 1951 dans lequel, déjà, des vaisseaux
spatiaux étaient bâtis pour sauver quelques
humains d’une catastrophe inexorable menaçant la Terre. Outre cette
influence première, Emmerich ne peut s’empêcher de chercher
l’inspiration du côté de son maître à penser Steven Spielberg. Ici,
c’est La Guerre des Mondes
qui
sert visiblement de référence, le romancier Jackson Curtis (incarné par
John Cusack)
marchant sur les traces de Tom Cruise en s’efforçant, lui aussi, de
sauver sa famille recomposée lorsque le désastre survient.
Si
l’on ajoute quelques coïncidences improbables qui relient bizarrement
chaque
protagoniste du drame et de grossières allusions politiques (le
gouverneur de Californie qui a le même accent autrichien qu’Arnold
Schwarzeneger, l’accident sous le pont de l’Alma), on comprend
que 2012 ne donne
pas tout à fait dans la finesse. Restent les effets spéciaux. De ce
point de vue, rien à redire. Au premier tiers du film, les
hostilités sont lancées avec la destruction de Los Angeles, une
séquence d’anthologie qui restera dans toutes les mémoires par son
ahurissante démesure. Au milieu des bâtiments qui s’effondrent à
la manière d’un château de carte, le véhicule de nos héros tente
d’éviter de monstrueux obstacles, du train qui déraille à l’avion qui
s’écrase, tandis que les vues aériennes du cataclysme
coupent littéralement le souffle. Le réalisateur de Stargate n’a donc pas perdu la main.
Mais
l’aspect résolument spectaculaire d’une telle scène se prive d’impact
émotionnel, tant
le cinéaste force le trait et exagère les péripéties. Là où
Spielberg savait nous ébranler (qu’on se souvienne de l’incroyable
plan-séquence de la voiture de La Guerre des Mondes),
Emmerich se contente d’une dynamique de jeu vidéo. Pourquoi pas ? Sauf
qu’en mêlant à son jeu de destruction des détails qu’on
croirait issus des attentats du 11 septembre (les habitants des
buildings s’accrochant désespérément aux parois qui s’effondrent puis se
jetant dans le vide), il crée un mélange des genres au
goût souvent discutable. Tout 2012 est
à l’avenant. Ceux qui cherchent une intrigue solide aux fortes
implications humaines ont donc tout intérêt
à passer leur chemin. Mais les amateurs d’effets spéciaux
vertigineux et de destructions massives en auront largement pour leur
argent.

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