(Ironmaster / La Guerra del Ferro)
de Umberto Lenzi (Italie/France)
avec Sam Pasco, Elvire Audray, George Esatman, Pamela Prati, Jacques Herlin, Danilo Mattei, Benito Stefanelli, Areno D’Adderio
de Umberto Lenzi (Italie/France)
avec Sam Pasco, Elvire Audray, George Esatman, Pamela Prati, Jacques Herlin, Danilo Mattei, Benito Stefanelli, Areno D’Adderio
Entre deux imitations de Zombie et Cannibal Holocaust, Umberto Lenzi nous livrait sans honte ce croisement contre-nature entre Conan le barbare, Un Million d’Années avant JC et La
Guerre du Feu (on note au passage la grande finesse du titre français). Habitué aux rôles de grosses brutes, George Eastman (Anthropophagous, 2019 Après la Chute de New York)
incarne ici Vood, un Cro-Magnon bien peu mignon qui tue Exay (Benito
Stefanelli), le chef de sa tribu, dans l’espoir de lui succéder.
Mais il est chassé de son village par Ela (Sam Pasco), une espèce de
Rahan bodybuildé, et se met à errer dans des bois aux allures
bien peu préhistoriques (filmés dans une réserve naturelle du
Dakota, ce qui explique la surabondance de plans mettant en scène des
troupeaux de bisons).
Sur son
chemin, Vood voit des stock-shots d’éruptions volcaniques et découvre
parmi des cendres fumantes un matériau jusqu’alors inconnu :
le fer. Il en tire une arme, avec laquelle il tue un lion. Désormais
revêtu de sa dépouille, tel Héraclès, il revient revendiquer son statut
de chef et envoie en exil son rival Ela. Notre
expatrié préhistorique échappe de peu à une horde d’hommes singes en
furie (des acteurs recouverts de poils et de masques rigides
grotesques) puis rencontre la belle Isa au brushing impeccable
(Elvire Audray) et accepte de rejoindre sa tribu, tandis que Vood
décide d’imposer son règne de terreur sur la vallée toute entière. Les
blonds sont les gentils, les bruns les méchants, le
spectateur peut donc tranquillement suivre l’intrigue sans crainte
du moindre mal de tête.
Et lorsque La Guerre du Fer s’essaie aux dialogues d’une haute portée philosophique, l’effet comique est garanti. Notamment quand
Eastman, à peu près aussi exalté que dans Les Nouveaux Barbares,
déclame « l’aigle ne s’abaisse pas à tuer le serpent, sauf lorsqu’il
sort du bois ». Ou lorsque le sage Mogo (William
Berger) affirme avec aplomb : « La liberté, les armes ont le pouvoir
de te la rendre, mais elles ont aussi le pouvoir de te l’enlever ».
Co-écrit par cinq auteurs (dont le réalisateur lui-même),
le scénario ne cherche pas midi à quatorze heures et assure le
service minimum, ne s’égayant que trop rarement de mini-séquences
horrifiques dignes d’Umberto Lenzi, comme cette agression de nos
héros par des troglodytes lépreux qui ressemblent comme deux gouttes
d’eau aux zombies de Virus Cannibale (chassez le naturel…) ou cette vision furtive d’un cadavre féminin défiguré et
amputé d’un bras.
L’étrange bande originale ethnique de Guido et Maurizio de Angelis (La Montagne du Dieu Cannibale, La Mort au Large)
puise son
inspiration un peu au hasard, à mi-chemin entre les chœurs à la
Ennio Morricone, les percussions africaines et les cordes indiennes.
Sans la magie de John Milius, sans le réalisme de Jean-Jacques
Annaud, sans les dinosaures de Ray Harryhausen, cette aventure
préhistorique n’a finalement pas grand-chose pour séduire, si l’on
excepte quelques accortes jeunes filles en peaux de bête. Bref,
encore un film fauché et sans ambition qui ne rend guère justice à
la magnifique affiche conçue pour le promouvoir à l’époque.


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Laissez votre commentaire ici