Blade Runner 2049
de Denis Vileneuve
(USA)
Avec Ryan Gosling,
Harrison Ford, Ana de Armas, Robin Wright, Sylvia Hoeks, Mackenzie Davis, Carla
Juri, Jared Leto
La mise en chantier d’une
séquelle tardive n’est pas toujours une bonne nouvelle. D’autant que ce nouveau Blade Runner mit beaucoup de temps à
trouver sa voie, annoncé dès 1999 et sans cesse repoussé jusqu’à échouer entre
les mains de Denis Villeneuve, avec la bénédiction d’un Ridley Scott se
contentant du fauteuil du producteur. Deux paramètres favorisaient la
circonspection des spectateurs : la suffisance contemplative à la morale
douteuse dont Villeneuve avait affublé sa précédente tentative dans le domaine
de la science-fiction, Premier Contact,
et la maladroite tentative de résurrection d’une autre saga d’anticipation de
Ridley Scott par l’entremise de Prometheus et Alien Covenant. Mais les écueils
sont évités avec maestria et Blade
Runner 2049 parvient à succéder sans rougir à son aîné de trente-cinq ans.
En 2049, le statut des réplicants a changé. Si les anciens modèles sont toujours des fugitifs qu’il faut pourchasser et éliminer à cause d’inquiétantes anomalies de comportement, les nouvelles créations de la compagnie Wallace, ayant succédé à la moribonde Tyrell Corporation, sont parfaitement intégrées à la société. Certains sont même des Blade Runner, autrement dit des chasseurs d’anciens réplicants. C’est le cas de l’agent K (Ryan Gosling), qui poursuit ses semblables défectueux et essuie quelques remarques racistes anti-robots sans trop d’état d’âme. Jusqu’au jour où une découverte inattendue s’apprête à bouleverser tout ce qu’il croit savoir. Pour trouver les réponses qui le taraudent, il va devoir retrouver la trace d’un ancien Blade Runner, Rick Deckard, toujours incarné par l’irremplaçable Harrison Ford.
En 2049, le statut des réplicants a changé. Si les anciens modèles sont toujours des fugitifs qu’il faut pourchasser et éliminer à cause d’inquiétantes anomalies de comportement, les nouvelles créations de la compagnie Wallace, ayant succédé à la moribonde Tyrell Corporation, sont parfaitement intégrées à la société. Certains sont même des Blade Runner, autrement dit des chasseurs d’anciens réplicants. C’est le cas de l’agent K (Ryan Gosling), qui poursuit ses semblables défectueux et essuie quelques remarques racistes anti-robots sans trop d’état d’âme. Jusqu’au jour où une découverte inattendue s’apprête à bouleverser tout ce qu’il croit savoir. Pour trouver les réponses qui le taraudent, il va devoir retrouver la trace d’un ancien Blade Runner, Rick Deckard, toujours incarné par l’irremplaçable Harrison Ford.
Poursuivant et
transcendant les passionnantes thématiques développées par son prédécesseur, Blade Runner 2049 place au cœur de sa
narration la question de la possibilité d’une émotion artificielle. Un androïde
peut-il s’émouvoir pour un souvenir d’enfance implanté ? Pour une idylle
factice ? Pour une filiation reconstituée ? Où l’artificialité
s’arrête-t-elle et où la réalité des sentiments prend-elle le pas ? La
problématique est finalement traitée avec beaucoup plus de finesse et de
retenue que le sincère mais maladroit A.I. Intelligence Artificielle de Steven Spielberg. La réussite du film repose sur sa capacité à équilibrer la
force de son intrigue et sa beauté plastique, l’une se nourrissant sans cesse de
l’autre.
La direction artistique, respectueuse de l’esthétique définie par
Ridley Scott, s’avère somptueuse et les effets visuels ne jouent jamais la
carte de la bande-démo ostentatoire, s’inscrivant dans la continuité parfaite
des travaux de Douglas Trumbull. Le surréalisme est même de la partie lorsque
Ryan Gosling erre dans le désert ocre d’un Las Vegas déchu au milieu de gigantesques
statues féminines brisées, symbole presque biblique d’une chute de la
civilisation. Denis Villeneuve remporte donc le pari haut la main, sans doute
mieux que Ridley Scott ne l’aurait fait lui-même, les derniers films du père
des Duellistes et d’Alien faisant preuve d’une misanthropie
qui n’auraient guère convenu à ce nouveau Blade
Runner. Car ici point une note d’espoir qui n’est pas sans évoquer un autre
classique du genre : Les Fils de l'Homme d’Alfonso Cuaron.
© Gilles Penso

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Laissez votre commentaire ici