samedi 13 octobre 2018

1932 - LA MOMIE

The Mummy

de Karl Freund (USA)
avec Boris Karloff, David Manners, Edward Van Sloan, Zita Johann, Arthur Byron, Bramwell Fletcher, Noble Johnson, Kathryn Byron

Soucieux de s’inscrire dans la lignée du Dracula de Tod Browning, La Momie lui emprunte de nombreux éléments scénaristiques et même sa musique de générique, « Le Lac des Cygnes » de Tchaïkovsky, tandis que le texte suivant s’affiche en guise de prologue : « Voici le parchemin de Thot. Ici sont écrits les mots magiques avec lesquels Isis ramena Osiris à la vie. Ô Amon-Rê, Ô Dieu des dieux, la mort n’est que le seuil d’une nouvelle vie. Nous vivons aujourd’hui, nous vivrons à nouveau, nous reviendrons sous de nombreuses formes. Ô, Tout-Puissant. » 

Dans les ruines de Thèbes en 1921, des archéologues découvrent la momie d'Imhotep, Grand-Prêtre du Temple du Soleil à Karna (Boris Karloff sous un extraordinaire maquillage de Jack Pierce qui nécessitait huit heures de pose !). A ses côtés se trouve un coffret sur le couvercle duquel une inscription promet une terrible malédiction à ceux qui oseront l’ouvrir. Mais le plus jeune et le plus fougueux des chercheurs ne résiste pas à la tentation. Il trouve dans le coffret le fameux parchemin de Thot et le lit. Aussitôt, la momie s’anime et emporte le parchemin, tandis que notre homme sombre dans la folie. La scène, baignée dans un inquiétant silence et bénéficiant d’un découpage minutieux, est empreinte d’une terreur sourde que l’on ne retrouvera plus par la suite.

Karloff quitte dès lors ses bandelettes poussiéreuses pour réapparaître dix ans plus tard sous les traits parcheminés d’un étrange Egyptien nommé Ardath Bay (anagramme de « Death by Ra », autrement dit « Tué par Ra », le dieu du soleil). Il se présente à Frank Whemple (David Manners), fils du savant qui dirigeait la précédente expédition, et lui propose de le mener jusqu’à la tombe de la princesse Anck-es-en-Amon, fille du pharaon Amenophis. Lorsque celle-ci est exhumée et exhibée au musée britannique du Caire, l’étrange Ardath Bay se noie dans sa contemplation, puis lit à voix haute le parchemin de Thot, envoûtant à distance une jeune anglaise du nom d’Helen Grosvenor (Zita Johann). Celle-ci, comme sous hypnose, quitte une soirée mondaine pour venir le rejoindre, puis s’évanouit devant les portes fermées du musée. Frank s’éprend bientôt d’elle, mais Ardath Bay a d’autres projets pour la jeune fille, qui n’est autre que la réincarnation de sa bien aimée Anck-es-en-Amon, et à qui il déclame : « Mon amour a duré plus longtemps que les temples de nos dieux ». 

Le film repose en grande partie sur la prestation impressionnante du grand Boris, dont un simple regard, comme jaillissant des orbites noires de son visage cadavérique, suffit à glacer le sang. Dans le rôle du professeur Muller, spécialiste des sciences occultes, Edward Von Sloan reprend quasiment le personnage d’Abraham Van Helsing qu’il incarnait dans Dracula. Quant à Karl Freund, un directeur de la photographie allemand très talentueux débarqué aux Etats-Unis à peine deux ans plus tôt, il signe ici sa première mise en scène et s’en tire avec les honneurs, mouvant sa caméra dès qu’il en a l’occasion et soignant tout particulièrement sa lumière. Nouveau succès pour Universal, la Momie engendra à son tour tout un lot de séquelles.


© Gilles Penso
Thema: Momies




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