1996 - LA PEAU SUR LES OS

Thinner

De Tom Holland (USA)
avec Robert John Burke, Joe Mantegna, Lucinda Jenney, Michael Constantine, Kari Wuhrer, Joie Lenz, Time Winters

Un an après s’être attaqué à l’adaptation des “Langoliers“, le cinéaste Tom Holland se penche sur une autre œuvre de Stephen King en portant à l’écran “La Peau sur les Os“, un roman que l’écrivain signa Richard Bachman en 1984. Le héros de ce récit cruel est un homme en surpoids qui, suite à un maléfice, maigrit de manière inexorable. Pour le rôle principal, King verrait bien John Goodman, dont l’embonpoint est alors légendaire. Mais comment le faire maigrir ? 

On opte finalement pour la solution inverse, bien plus logique : choisir un acteur de gabarit moyen et le faire grossir grâce à des prothèses. Le comédien sélectionné est Robert John Burke, que les fantasticophiles connaissent pour le rôle principal qu’il tint dans Robocop 3, remplaçant au pied levé Peter Weller sous l’armure du policier cyborg. Le talentueux Greg Cannom (Cocoon, le Dracula de Coppola, The Mask) est chargé de muer Burke en bibendum mais aussi de visualiser les différentes mutations décrites dans le scénario. Son travail s’avère assez spectaculaire, bien qu’un peu trop excessif pour convaincre totalement. Directement destiné au marché vidéo, La Peau sur les Os se pare aussi d’une très belle bande originale de Daniel Licht, sous l’influence manifeste de Bernard Herrmann et Danny Elfman. 

Le personnage principal de La Peau sur les Os est donc Billy Halleck, un avocat obèse peu embarrassé par les problèmes d’éthique liés à son métier. Il défend ainsi le gangster Richie Ginelli  (Joe Mantegna) et le fait innocenter. C’est alors qu’une foire de gitans s’installe en ville, juste devant son cabinet. Un soir, son épouse lui prodigue une petite gâterie pendant qu’il est au volant. Distrait, il ne voit pas une vieille gitane qui traverse la route et l’écrase. Le procès qui s’ensuit le disculpe de toute accusation, avec la complicité d’un juge complaisant (John Horton). Tadzu Lempke (Michael Constantine), le vénérable gitan dont la victime était la femme, décide alors de se venger en jetant un sort aux complices de cet homicide. Il rend ainsi visite au juge en le touchant au ventre et en lui murmurant le mot « lézard ». Puis il vient à la rencontre de Billy et effleure sa joue en prononçant le mot « maigris ». Il procède de manière assez similaire avec le policier qui a témoigné en faveur de Billy. 

Les effets de cette triple incantation ne tardent pas à se faire sentir. Le juge développe sur son torse une sorte de psoriasis qui ressemble de plus en plus à des écailles. « C’est l’évolution à l’envers ! » s’exclame son épouse. Le policier, de son côté, voit sa peau se recouvrir d’horribles boursouflures. Quant à Billy, il commence à maigrir, alors que son alimentation d’ogre reste la même. Hélas, malgré un point de départ plutôt intriguant, le concept de La Peau sur les Os fixe ses propres limites au bout d’environ trente minutes. A partir de ce premier tiers de métrage, le scénario commence à tourner en rond et les derniers rebondissements deviennent ridicules, au mépris de la logique et de la psychologie la plus élémentaire. On note que Stephen King fait ici une petite apparition dans le rôle d’un pharmacien nommé Bangor.

© Gilles Penso
Thema: Sorcellerie

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