lundi 14 mai 2018

1985 - TEEN WOLF

de Rod Daniel (USA)
Avec Michael J. Fox, James Hampton, Susan Ursitti, Jerry Levine, Scott Paulin, Lorri Griffin, Mark Arnold, Jim Mackwell

Le succès fulgurant de Retour vers le Futur fit monter en flèche la cote de Michael J. Fox, qui se vit logiquement proposer d’autres comédies fantastiques. Le voilà donc à l’affiche d’un Teen Wolf recyclant sans finesse les thématiques d’I Was a Teenage Werewolf, notamment l’emploi de la lycanthropie comme métaphore des métamorphoses de l’adolescence. L'ex-Marty McFly incarne ici Scott Howard, un lycéen banal amoureux de la blonde Pamela, laquelle n’a d’yeux que pour le musclé Mick, alors que Scott, lui, est aimé en secret par la discrète Myriam. D’emblée, on sent que les choses s’apprêtent à voler haut. Le film nous livre alors les principales préoccupations de ses protagonistes : se faire inviter à une fête, acheter de la bière alors qu’on n’est pas encore majeur, participer à des jeux stupides, ou encore danser sur le toit d’une camionnette qui roule en pleine ville (via une scène pesante qui utilise le tube « Surf in USA » en guise de bande originale). 

Membre d’une exécrable équipe de basket, Scott découvre avec stupeur qu’il est en train de changer. Des poils lui poussent sur le torse et les mains, les ultrasons le titillent, son dos le gratte, ses oreilles commencent à ressembler à celles de Monsieur Spock… Il tente bien d’en parler avec son père, brave propriétaire d’une quincaillerie, ou son entraîneur (le seul personnage vraiment drôle du film), mais personne n’y prête vraiment attention. Or un soir, après une fête très années 80, il se métamorphose totalement. Ses dents s’affûtent comme celles de Dracula, ses ongles poussent, son visage se déforme avec des bladders, et le voilà finalement affublé d’un visage et de mains de loup-garou, un maquillage épuré de Tom Burman qui semble imiter celui de Roy Ashton dans La Nuit du Loup-Garou. Là, il faut tout de même reconnaître que Teen Wolf nous offre un gag très réussi, car au moment où son père frappe à la porte pour voir Scott, celui-ci refuse obstinément puis finit par céder… Et le face à face qui s’ensuit, que nous ne révèlerons pas ici, vaut son pesant de cacahuètes. A l’issue de quoi Scott s’entend dire par son géniteur : « ayant ce grand pouvoir, tu auras de grandes responsabilités », clin d’œil au célèbre leitmotiv des aventures de Spider-Man. 

Cette métamorphose n’étant à priori que physique, dans la mesure où le personnage ne change pas de comportement, le symbole de la puberté perd tout son sel. Comme en outre tout le monde admet sans problème que Scott est un loup-garou, dès sa première transformation publique en plein match de basket, la carte du quiproquo et des situations comiques n’est même pas exploitée par le film. Reste donc une série de séquences ineptes où le jeune loup-garou devient un sportif de haut niveau, est adulé par les foules, dragué par la fille de ses rêves, admiré par les professeurs, sollicité pour des autographes, tandis que son ami Steve vend des produits dérivés aux lycéens. Le spectateur, dont la patience est mise à rude épreuve, doit encore supporter un bal de fin d’années et un interminable match de basket pour que lui soit enfin assénée la morale de l’histoire : « il faut avoir confiance en soi et savoir rester soi-même ». Une séquelle, Teen Wolf Too, verra le jour en 1987, avec Jason bateman dans le rôle du cousin de Scott.

© Gilles Penso
Thema: LOUPS-GAROUS

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