samedi 7 avril 2018

1987 - LES ENFANTS DE SALEM

A Return to Salem’s Lot

de Larry Cohen (USA)avec Michael Moriarty, Ricky Addison Reed, Samuel Fuller, Andrew Duggan, Evelyn Keyes, Jill Gatsby, June Havoc

L’inventif cinéaste Larry Cohen, à qui nous devons des scénarios mémorables (la série Les Envahisseurs, Maniac Cop, Phone Game) et bon nombre de films de genre réjouissants (Le Monstre est vivantEpouvante sur New YorkMeurtres sous ContrôleThe Stuff, L’Ambulance), avait écrit l’une des premières versions refusées du scénario des Vampires de Salem d’après le roman « Salem » de Stephen King, avant que le projet n’échoie finalement entre les mains de Tobe Hooper. Lorsque l’idée d’une séquelle voit le jour, Cohen peut passer outre cette frustration en la réalisant lui-même, sous le titre Les Enfants de Salem

Le tournage s’effectue un peu dans la précipitation, dans la mesure où Cohen filme quasi-simultanément La Vengeance des Monstres, troisième opus de sa trilogie consacrée aux bébés monstres. A vrai dire, Les Enfants de Salem n’entretient quasiment plus aucun rapport avec le livre de King, ni même avec le téléfilm de Tobe Hooper. Seuls demeurent la ville de Salem’s Lot et les vampires. Pour le reste, le réalisateur sollicite son imagination fertile en s’appuyant sur un scénario écrit par James Dixon. L’ethnologue Joe Weber débarque à Salem’s Lot avec son fils Jeremy. Tous deux découvrent bientôt que les habitants de cette petite ville sont des suceurs de sang, y compris le juge Axel et la tante Clara. La menace que représentent ces vampires est d’autant plus redoutable que Jeremy est sur le point de se faire contaminer par les monstres. 

L’un des intérêts majeurs des Enfants de Salem est la série de portraits pittoresques qu’il brosse. Michael Moriarty, acteur fétiche de Larry Cohen, est l’ethnologue aux allures d’aventurier intrépide s’improvisant père d’un gamin quelque peu insupportable qui deviendra le chroniqueur forcé d’une communauté de vampires. Ce dernier, interprété par Richard Addison Reed, perd peu à peu ses attributs de « sale gosse » pour attirer la sympathie des spectateurs, les relations complexes qu’il entretient avec son père donnant lieu à quelques savoureux échanges de dialogues. De son côté, le juge Axel (Andrew Duggan), bien trop respectable pour qu’on lui fasse confiance, révèle sans tarder sa personnalité : c’est un monstre hybride assoiffé d’hémoglobine. Quant à Samuel Fuller, il interprète un tueur de nazis reconverti dans la chasse aux vampires et nous offre une performance oscillant sans cesse entre le second degré satirique et le sérieux imperturbable. 

Fidèle à son sens du rythme et de l’efficacité, Larry Cohen va droit au but sans trop s’embarrasser de préliminaires, aidé dans les séquences les plus explicites par d’efficaces effets spéciaux de maquillage signés Steve Neill. Certes, cette séquelle est tout à fait facultative, mais elle sait se montrer drôle, surprenante et irrévérencieuse. Après une sortie en salles très limitée en 1987, Warner édita le film en VHS, sans qu’il ne déplace les foules. L’affiche du film clamait : « Ils réveillèrent La Bête… et leur supplice dura jour et nuit pendant des siècles et des siècles… » Non seulement cette phrase d’accroche n’a aucun rapport avec le film, mais en outre la figure du vampire Barlow (présent dans le film de Tobe Hooper) se dresse fièrement à l’arrière-plan, alors que cette créature n’apparaît jamais chez Larry Cohen.

© Gilles Penso
Thema: Vampires

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