mardi 10 avril 2018

1984 - LE SINGE DU DIABLE

The Devil’s Gift

de Kenneth J. Berton (USA)
avec Bob Mendelsohn, Vicki Saputo, Struan Robertson, Bruce Parry, Madelon Philips, J. Renee Gilbert, Marlene Ryan

Si le scénario de ce film anecdotique est signé Hayden O’Hara, Jose Vergelin et Kenneth Berton, il s’agit pourtant d’un plagiat manifeste de la nouvelle “Le Singe“ de Stephen King, parue initialement dans le magazine “Gallery“ en 1980 puis rééditée dans le recueil “Brume“ cinq ans plus tard. Cette petite histoire effrayante met en scène un singe mécanique joueur de cymbales qui provoque la mort dès que son mécanisme s’actionne. Les terreurs d’enfance, cheval de bataille de King, nourrissent très efficacement sa narration courte et nerveuse. 

En transposant officieusement le récit sous forme de long-métrage, Berton le fait commencer dans un manoir perdu au beau milieu d’une forêt sinistre balayée par les éclairs d’une nuit d’orage. Là, une vieille femme (Olwen Morgan) tente de communiquer avec une entité de l’au-delà à l’aide d’une tablette de ouija. Mais l’esprit s’emballe soudain et entre en possession d’un petit singe joueur de cymbales. Les yeux du jouet simiesque s’illuminent, ses cymbales s’entrechoquent, puis soudain un éclair (en dessin animé) frappe le manoir (une maquette) et tue la vieille femme. Le scénario s’intéresse ensuite à David Andrews (Bob Mendelsohn), un père célibataire, à Susan (Vicky Saputo), sa petite amie, et à Michael (Struan Robertson), son jeune fils. Pour fêter les neuf ans du petit garçon, Susan lui offre un singe à cymbales qu’elle achète chez un antiquaire. 

C’est bien sûr le même que celui du prologue. Désormais, dès qu’il allume ses yeux et claque des cymbales, quelque chose ou quelqu’un meurt. L’hécatombe commence par une plante, puis une mouche, un poisson rouge, un chien… Bientôt, le singe semble prendre possession de Susan qui essaie de tuer Michael, tandis que David, soupçonneux, se renseigne sur les esprits auprès d’une voyante. Celle-ci lui conseille de se débarrasser du singe et lui donne un collier avec un pentagramme pour le protéger. Mais on ne se débarrasse pas comme ça d’un jouet maléfique… 

Très amateur dans sa mise en scène, sa photographie, son montage et son jeu d’acteurs, Le Singe du Diable est bourré de maladresses et souffre en outre de sérieuses pertes de rythme. Ça et là, quelques éléments de ce curieux métrage captent tout de même l’attention des spectateurs, notamment ces cauchemars récurrents de David imaginant son fils mort dans une baignoire ou découvrant un grand monstre velu qui l’attaque dans sa cuisine en lui crachant du sang au visage. Le final joue la carte du spectaculaire avec un tremblement de terre, un orage, de la foudre et un arbre déraciné, mais la pauvreté des moyens mis en œuvre reste flagrante. En 1996, Le Singe du Diable sera raccourci pour s’intégrer dans un film à sketches en deux parties, Les Nouvelles Aventures de Merlin l’Enchanteur. Ernest Borgnine y joue un grand-père racontant à son petit-fils deux histoires liées au fameux magicien, incarné par George Milan. Le film s’adressant à un public familial, les passages les plus « terrifiants » du Singe du Diable sont donc retirés et un happy end y est inséré, dans lequel Merlin récupère le singe qui avait été volé dans son atelier.

© Gilles Penso
Thema: JOUETS

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