jeudi 29 mars 2018

La musique de TUER N'EST PAS JOUER


Tuer n'est pas Jouer marque le départ de Roger Moore, remplacé par le fringuant Timothy Dalton. John Barry reprend alors l’adage qu’il avait appliqué dans Au Service Secret de Sa Majesté, selon lequel un nouveau visage doit entrainer un nouveau son. Il fait donc appel au producteur musical Paul Staveley O’Duffy pour orner une partie des morceaux symphoniques du film d’une ligne de basse synthétique et de percussions électroniques résolument modernes. « La basse au synthétiseur donnait au film un style nouveau » explique-t-il.


Visiblement très inspiré, Barry compose non seulement le générique chanté par le groupe norvégien a-ha mais aussi deux autres chansons pour Chrissie Hynde, leader des Pretenders. En plus des nombreuses variantes instrumentales qu’il élabore à partir de ces trois chansons, il écrit une grande quantité de nouveaux thèmes, en particulier l’envoûtant « Mujahidins and Opium », où les violons et les cuivres semblent vouloir rendre hommage aux symphonies épiques de Maurice Jarre, et le vigoureux « Koskov Escapes » qui n’est pas sans évoquer les envolées spatiales de Moonraker


Pour la première fois de la saga, le compositeur joue même un petit rôle dans le film, celui d’un chef d’orchestre. « C’est lui qui m’a demandé s’il pouvait apparaître à l’écran », raconte le réalisateur John Glenn. « John n’avait jamais demandé ça auparavant, et j’ai trouvé ça un peu étrange. On aurait dit qu’il savait déjà que ce serait son dernier James Bond. » En effet, après 25 ans de loyauté au Service Secret de l’agent 007, John Barry décide de tirer sa révérence, soucieux de goûter à d’autres expériences musicales et de laisser une jeune génération prendre la relève.

© Gilles Penso

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