mardi 27 mars 2018

1984 - FIRESTARTER

Firestarter

de Mark Lester (USA)
Avec Drew Barrymore, Martin Sheen, David Keith, Freddie Jones, Heather Locklear, George C. Scott, Art Carney

CarrieShining et Christine ayant connu de beaux succès publics et critiques, l’œuvre de Stephen King fut dès lors considérée à Hollywood comme une inestimable manne, un véritable vivier de blockbusters. D’où l’adaptation, dans la foulée des films pré-cités, du roman « Charlie » mettant en vedette une fillette douée de redoutables pouvoirs pyrokinétiques. Pour mettre toutes les chances de leur côté, les producteurs de Firestarter choisirent comme tête d’affiche Drew Barrymore, portée aux nues deux ans plus tôt dans E.T., et confièrent la mise en scène à Mark Lester, auteur d’un Class 84 fort remarqué en son temps. 

Le scénario de Firestarter présente de nombreuses similitudes thématiques avec Furie et Scanners. Autour d’un récit structuré en flash-backs successifs, on y suit les expérimentations d’une mystérieuse compagnie nommée The Shop. Cette dernière réunit un certain nombre de cobayes humains dans le but de développer leurs pouvoirs paranormaux, l’objectif inavoué de cette expérience étant la mise au point d’un tout nouveau type d’arme dévastatrice. A l’issue du test scientifique, tous les cobayes sont assassinés, à l’exception d’Andy et Victoria McGee qui parviennent à s’échapper et donnent naissance à la petite Charlene. Celle-ci révèle très tôt l’étrange capacité de contrôler le feu, voire de provoquer des incendies, et ce pouvoir semble sans cesse croissant. Alors qu’elle a huit ans, The Shop retrouve sa mère et la fait exécuter. Commence alors une longue traque pour Charlie et son père, qui possède lui-même des pouvoirs télépathiques et télékinétiques mais s’était juré de ne plus jamais s’en servir. Pour sauver sa peau et celle de sa fille, il va devoir transgresser sa promesse… 

L’un des grands atouts de Firestarter est son casting quatre étoiles, notamment du côté des « méchants » parmi lesquels on compte Martin Sheen, en politicien au brushing impeccable et à la duplicité dégoulinante, et George C. Scott, en très inquiétant exécuteur des basses besognes aux fortes tendances psychotiques. Le film se pare également d’étonnants effets visuels et pyrotechniques, lesquels crèvent l’écran dès la première grande scène d’action au cours de laquelle Charlie, sur le pas de sa porte, met le feu à une dizaine d’agents et de véhicules. Les explosions flamboyantes se déclenchent en tous sens, et annoncent avec quelque vingt ans d’avance l’un des moments forts d’X-Men 2

Les flammes dévastatrices reprennent leur droit au cours des scènes d’expériences dans le laboratoire de The Shop (un mur de brique s’y enflamme carrément) et lors d’un climax explosif à souhait, dans lequel Charlie s’avère être à l’épreuve des balles. Au cours de ce spectaculaire dénouement, les rapprochements entre Firestarter et Carrie s’avèrent flagrants. Si Firestarter n’a pas connu le succès de ses aînés, c’est probablement à cause de la mise en scène sans relief de Mark Lester, incapable de rivaliser avec le génie visuel de Brian de Palma, Stanley Kubrick et John Carpenter. Du coup, les palpitantes péripéties du roman initial perdent ici de leur force, encombrées de surcroît d’une musique synthétique terriblement datée que signa le groupe Tangerine Dream.

© Gilles Penso
Thema: POUVOIRS PARANORMAUX

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