mercredi 28 mars 2018

1980 - LES DÉMONS DU MAÏS

Children of the Corn

de Fritz Kiersch (USA)
avec R.G. Armstrong, Peter Horton, Linda Hamilton, John Franklin, Courtney Gains, Robby Kiger, Anne Marie McEvoy, Jonas Marlowe

La nouvelle « Les Enfants du Maïs » a été publiée en 1978 dans le fameux recueil « Danse Macabre » (« Night Shift ») de Stephen King. Efficace et dotée d’une chute surprenante, elle ne constituait cependant pas le matériau idéal pour une adaptation cinématographique, dans la mesure où les péripéties développées dans sa vingtaine de pages avaient du mal à emplir une heure et demie de métrage. Mais après les succès publics de CarrieShiningCreepshowCujoDead Zone et Christine, le nom de Stephen King suffisait amplement à enclencher n’importe quel projet hollywoodien. Voici donc Les Démons du Maïs, premier long-métrage de Fritz Kiersch sorti en France au cinéma sous le titre Horror Kid

Le film démarre sur des chapeaux de roue : dans un « diner » de Gatlin, Nebraska,, des gamins massacrent tous les adultes en train de boire tranquillement leur café. Trois ans plus tard, Vicky et Burton (un Peter Horton surtout habitué au petit écran et une Linda Hamilton pré-Terminator), en partance pour la Californie, s’apprêtent à passer en voiture à proximité de la petite ville, ignorant tout de ce drame passé. Sur la route, le jeune couple est surpris par un enfant qui se tient brusquement debout devant eux. Incapables de l’éviter, nos héros le renversent mais découvrent bien vite que le malheureux a été égorgé. Ramenant le corps dans le coffre de leur voiture, ils découvrent avec stupéfaction que les enfants de la ville ont formé une secte religieuse fanatique, adorant avec ferveur « celui qui fait venir le maïs et qui règne sur le sillon ». 

A l’aube de leurs dix neuf ans, tous sont sacrifiés, car les adultes sont impitoyablement exclus de ce cercle démoniaque. Seuls le petit Job (Robby Kiger) et sa sœur Sarah (Anne Marie McEvoy), capable de réaliser des dessins prémonitoires, semblent ne pas être frappés par cette folie collective. Capturée par les membres de la secte, Vicky s’apprête à être sacrifiée dans le champs de maïs pour apaiser la colère de leur dieu. Alors que Burton s’efforce par tous les moyens de sauver sa bien aimée, la discorde commence à s’installer entre l’inquiétant Isaac (John Franklin), qui dirige le groupe d’une poigne de fer, et MalachaÏ (Courtney Gains), son robuste bras droit… 

Fritz Kiersch réalise là un baptême de metteur en scène plutôt honorable. Jusqu’alors assistant caméra et directeur de production, il parvient à doter son premier film d’un certain style, avec un jeu fréquent sur les avant-plans inquiétants. Le sujet lui-même, fidèlement calqué sur la nouvelle de King, est loin d’être inintéressant, mais les dialogues rédigés par le scénariste George Goldsmith sont tellement niais et les réactions des personnages si absurdes que tout effet tombe à plat. Le trucage hideux qui permet de visualiser l’apparition finale du démon (une solarisation typique des régies vidéo des années 80) n’aide pas à la crédibilité déjà bien entachée du film, ni même ce grand incendie bourré de trucages en animation ratés ou cette chute grotesque qui, elle, s’éloigne du texte initial. Le plus incroyable est que ce petit film d’horreur mal fichu ait donné naissance à six séquelles, réalisées entre 1992 et 2001.

© Gilles Penso

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