mardi 6 mars 2018

1967 - MATT HELM TRAQUÉ

The Ambushers

de Henry Levin (USA)
Avec Dean Martin, Janice Rule, Kurt Kasznar, Albert Salmi, Senta Berger, James Gregory, Beverly Adams

La mini-saga Matt Helm s’efforçant de suivre à la trace le succès des James Bond tout en y adjoignant une forte dose d’auto-parodie cynique et de séquences gentiment sexy, ce troisième épisode marche sur les traces d’On ne vit que Deux Fois, dont il reprend quasiment l’argument de départ. Le film s’ouvre sur le lancement d’une soucoupe volante ultra-sophistiquée mise au point par le gouvernement américain. « Si ce vol réussit, l’espace nous appartiendra, et la Terre sera la capitale de l’univers », s’extasie-t-on déjà en haut lieu. Aux commandes se trouve une femme (car les hommes ne supportent pas les radiations de l’appareil) : l’espionne-pilote Sheila Summers, au service de l’ICE (International Contre-Espionnage). 


Mais à mi-parcours de son odyssée interstellaire, la soucoupe est interceptée par un rayon magnétique et ramenée sur terre. Forcée à atterrir en pleine jungle mexicaine, Sheila est capturée par une organisation criminelle qui l’abandonne dans le désert  après s’être emparé du vaisseau. Retrouvée amnésique, Sheila est persuadée que Matt Helm est son époux, car ils avaient simulé un voyage de noces pour une de leurs missions communes. L’agent secret débonnaire est donc contraint de quitter son poste d’instructeur auprès d’un contingent de jeunes filles émoustillées (« elles ont toutes la même anatomie » soupire-t-il, un brin blasé) pour emmener Sheila à Acapulco, dans l’espoir qu’elle reconnaisse le voleur de soucoupe. Officiellement sur place pour un reportage photo sur un grand fabricant de bière mexicaine, Helm retrouve la trace du milliardaire José Ortega, alias Leopold Caselius, chef d’un groupe fanatique dont on pensait qu’il avait cessé toute activité. Ce dernier a trouvé un acheteur d’extrême Orient qui est prêt à lâcher 100 millions de dollars pour la soucoupe volante. « La finesse, la pureté d’un diamant de l’espace ! » clame-t-il avec son accent allemand improbable, au beau milieu du repaire luxueux où il a capturé nos héros. 


En plus des recettes éprouvées dans les deux films précédents, Matt Helm Traqué joue la surenchère en matière de gadgets futuristes, du soutien-gorge-pistolet (dont se souviendra Austin Powers) à l’exosquelette permettant de porter des poids de plusieurs centaines de kilos, en passant par la maison gonflable qui surgit du coffre d’une voiture ou le pistolet antigravitation. Passant de main en main, cette arme d’un nouveau genre permet de servir des verres de whisky sans les toucher, de déshabiller les filles à distance, ou encore d’éjecter des gardes indésirables dans les airs, via une série de trucages simples mais très efficaces. Au cours de la poursuite finale, Helm effectue une glissade vertigineuse sur des rails puis enfourche un side-car (emportant même brièvement un crocodile en guise de passager) tandis que Sheila manque de s’écraser dans un précipice, lancée à vive allure sur un wagon transportant la soucoupe volée. Même si Matt Helm Traqué est loin d’être un modèle de finesse, il s’avère franchement plus distrayant que les deux opus précédents, ne serait-ce que par sa plongée radicale dans l’univers de la science-fiction fantaisiste.


© Gilles Penso



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