GERARDMER 2016 : JOUR 2

La seconde journée du 23ème Festival du Film Fantastique de Gérardmer commence sur les chapeaux de roue avec la projection du Complexe de Frankenstein, co-réalisé par votre humble narrateur et Alexandre Poncet. Habituellement journalistes pendant le festival, nous passons cette fois-ci du côté des invités pour présenter au public notre documentaire consacré aux artistes qui conçoivent des créatures et des monstres pour le cinéma fantastique. Les réactions sont des plus positives. Nous sommes heureux !


Le programme s'enchaîne avec la projection hors compétition du dernier long-métrage de Joe Dante, Burying the Ex. Hélas, malgré toute l'affection que nous portons au père des Gremlins, on ne peut s'empêcher de trouver cette comédie fantastique poussive et maladroite. Le point de départ est pourtant prometteur (un jeune homme panique lorsque son ex-petite amie castratrice revient d'entre les morts pour briser son idylle naissante) mais l'intrigue bascule rapidement dans le vaudeville répétitif et se met à piétiner inlassablement. Dante nous offre comme toujours des dizaines d'allusions cinéphiliques, extraits de films à l'appui, et convoque une fois de plus Dick Miller dans un petit rôle, mais le cœur n'y est plus. Le film reste profondément sympathique, en partie grâce à son excellent trio d'acteurs, mais c'est indéniablement l'œuvre la plus anecdotique de l'impertinent Joe Dante.


Le film en compétition que nous avons visionné dans la soirée est le très étrange Bone Tomahawk. Ce western classieux, élégant, minimaliste et réaliste met en vedette un quatuor mené par Kurt Russell (dont le look semble ne pas avoir changé depuis Les Huit Salopards) qui part au secours d'une jeune femme et de l'adjoint du shérif, capturés par une tribu d'indiens troglodytes dans une vallée isolée. Le film part sous les meilleurs auspices, grâce à sa brochette de personnages attachants campés par d'excellents comédiens, mais le voyage initiatique attendu se mue en promenade répétitive, besogneuse et tout bonnement interminable. Car il ne se passe pratiquement rien pendant une heure et demi de métrage, et la patience du spectateur y est mise à très rude épreuve. D'autant que soudain, à vingt minutes de la fin, le film opère un virage à 180° pour basculer dans le gore extrême et une ultra-violence douloureuse qui ferait presque passer Cannibal Holocaust pour un épisode de Violetta. Le film nous laisse forcément une impression mitigée, tant les intentions de son réalisateur nous échappent…


Rendez-vous demain pour un programme particulièrement chargé !