1991 - LE SOUS-SOL DE LA PEUR

 

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(The People Under the Stairs)
de Wes Craven (1991) – USA
avec Everett MacGill, Wendy Robie, A.J. Langer, Ving Rhames, Brandon Adams, Sean Whalen, Bill Cobbs

Pour concocter le scénario du Sous-Sol de la Peur, Wes Craven s’inspira d’un fait divers réel, comme il le fit pour Les Griffes de la Nuit et L'Emprise des Ténèbres. Il s’agissait de l’histoire véridique de cambrioleurs s’attaquant à une maison puis mis en fuite par l’arrivée des autorités. Une fois sur place, les policiers entendirent d’étranges bruits provenant de pièces fermées à clefs. Ils y découvrirent des enfants, enfermés par des parents leur interdisant rigoureusement de sortir de la maison. C’est en s’appuyant sur cette étrange histoire que Craven bâtit son intrigue. Le personnage principal du film est « Fool » ou « Tout-Fou » en VF (Brandon Adams), un jeune garçon qui, pour aider sa pauvre mère atteinte d’un cancer, se laisse convaincre de cambrioler une maison à la sinistre réputation, habitée par un couple bizarre que protège un chien féroce. Fool parvient à pénétrer la demeure sans se douter de la nuit de cauchemar qui l’attend… 

D’emblée, il est clair que Wes Craven a décidé de raconter son film en revisitant les codes du conte de fées classiques sous un angle horrifique. Son héros est en effet un enfant de treize ans dont le comportement se calque sur celui du Petit Poucet et qui rencontre une petite fille prénommée Alice, tandis que « Papa » et « Maman », le couple redoutable chez qui il s’introduit, sont traités comme des ogres modernes. Le nom du molosse féroce, Prince, n’est pas non plus choisi au hasard, et sa présence peut tout à fait s’interpréter comme une version métaphorique d’un dragon. Pour renforcer davantage ce sentiment, la grande maison prend les allures d’une attraction foraine truffée de pièges, de trappes et de passages secrets. 

Du coup, Le Sous-Sol de la Peur ressemble presque à un mariage étrange entre Les Goonies et Massacre à la Tronçonneuse. Car la légèreté avec laquelle est parfois traitée le sujet (les monstres incarnés par Everett McGill et Wendie Robbie, transfuges de la série Twin Peaks, forcent volontairement le trait en jouant à la lisière de la caricature, tandis que Fool les affronte avec beaucoup de désinvolture) se mêle à une noirceur parfois étouffante, liée aux conditions de vie épouvantables des enfants de ce couple maudit. Nous découvrons en effet que « Papa » et « Maman » sont en quête du fils idéal. Or chacun de leur rejeton possède à leurs yeux un défaut rédhibitoire, ce qui les pousse à leur couper la langue et à les enfermer dans le sous-sol où ils se nourrissent des cadavres laissés par leurs parents.  

Le plus malin d’entre eux est surnommé « cafard ». Il sait se faufiler partout et aidera notre héros à ne pas se faire dévorer par les autres, à qui il est livré en pâture. Le caractère malsain de la relation de ces parents infâmes monte d’un cran lorsque nous apprenons qu’ils sont frères et sœur ! Le Sous-Sol de la Peur est certes un peu bancal et non dénué de maladresses, mais plusieurs visions saisissantes nous restent en mémoire après son visionnage, comme le père qui endosse une tenue sadomasochiste en cuir du plus curieux effet pour partir en chasse, ou la petite Alice qui fabrique des poupées à l’effigie des victimes de ses parents pour sauver leur âme. 

© Gilles Penso