1977 - DEATH GAME

 

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de Peter Traynor (Etats-Unis)
Avec Sondra Locke, Collen Camp, Seymore Cassell, Beth Brickell, Michael Kalmansohn, Ruth Warshawsky 

« Ce film est inspiré d’une histoire vraie. Il devrait servir à ne pas oublier que le destin ne permet à personne de se protéger contre le mal qui pervertit notre société.  » C’est sur ce texte d’introduction nébuleux et solennel que démarre Death Game. Après un générique interminable constitué de fondus enchaînés sur des dessins d’enfants accompagnés d’une chanson naïve baptisée « My Good Old Dad », tout s’amorce en douceur, sans préavis, par une banale soirée pluvieuse dans le San Francisco des années 70. George Manning (Seymour Cassell), un paisible quadragénaire, passe une soirée tranquille et solitaire, sa femme et ses enfants étant réunis chez les grands-parents. 

Lorsque cognent à sa porte deux jeunes filles trempées et quelque peu désorientées (Sondra Locke et Colleen Camp, qu’on allait retrouver respectivement dans Sudden Impact et Une Journée en Enfer), George ne peut se résoudre à les abandonner à leur triste sort. Il leur permet de passer un coup de fil, leur prête des serviettes, leur offre à boire, et se laisse distraire par les adolescentes ingénues et rieuses. Curieuses, elles demandent à visiter la grande maison, et c’est avec une surprise mêlée de panique que George retrouve les deux jeunes filles nues en train de batifoler dans son jacuzzi. Le dilemme ne dure pas longtemps, et voilà notre homme pris en sandwich entre les deux tentatrices au beau milieu des bulles. L’érotisme vénéneux et trouble de la séquence est hélas gâché par un montage épileptique incompréhensible, et par une musique risible qu’on croirait issue de La Croisière s’amuse

La suite du film prend des allures de Liaison Fatale avant l’heure, car George espère bien voir déguerpir le joyeux duo, tandis que celles-ci envisagent visiblement de s’installer quelques temps, cassant, salissant et vomissant des vulgarités comme des sales mômes sans surveillance. N’y tenant plus, George les fait monter dans sa voiture de force et les raccompagne à la gare. Mais le soir venu, elles le retrouvent chez lui, l’assomment et le ligotent. Commence alors une longue nuit d’angoisse, ponctuée de tortures physiques et psychologiques, au cours de laquelle les deux jeunes filles révèlent leur nature sadique et désaxée, se maquillant comme pour une soirée d’Halloween, noyant dans un aquarium un livreur trop curieux, et promettant à George une mort sanglante dès que poindra l’aube… 

Autant dire que Death Game surprend, tant il échappe aux conventions du film  traditionnel de tueurs psychopathes. Mais pour être honnête, cette originalité semble plus liée à un amateurisme généralisé (mise en scène approximative, comédiens en roue libre, scénario flottant) qu’à une farouche volonté de démarcation. Il n’en reste pas moins que la nature même des monstres permet au film de sortir du lot, ces jeunes filles en perte de repères et incapables de dissocier le bien du mal s’avérant par moments bien plus effrayantes qu’un Jason ou qu’un Michael Meyers, ne serait-ce que par l’imprévisibilité de leur comportement et de leurs réactions. Le film demeure une curiosité méconnue, typique d’une époque en quête d’expérimentations formelles et scénaristiques.
 
© Gilles Penso
Thema: TUEURS