1994 - DARKMAN 2

 

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(Darkman II: The Return of Durant)
de Bradford May (Etats-Unis)
avec Larry Drake, Arnold Vosloo, Kim Delaney, Renée O'Connor, Lawrence Dane, Kim Delaney, Jesse Collins, David Ferry

Sam Raimi et Liam Neeson étant respectivement accaparés par L'Armée des Ténèbres et La Liste de Schindler, ils ne pouvaient décemment s’impliquer dans cette séquelle de Darkman commanditée par les studios Universal pour une exploitation directe en vidéo. Les rênes de la mise en scène furent donc confiées à Bradford May, vétéran du petit écran. Pour succéder à Neeson, les producteurs ont fait un choix étonnant : Arnold Vosloo, un comédien athlétique d’origine sud-africaine dont on avait déjà pu apprécier le charisme dans 1492 de Ridley Scott et Chasse à l’Homme de John Woo. « Je dois avoir un physique particulier, parce qu’on ne me propose jamais de comédie romantique », nous avouait-il non sans humour. « Je suis donc plutôt spécialisé dans les rôles de méchants ou de personnages atypiques. Sans compter qu’ici, mon visage était la plupart du temps recouvert de latex ! » (1)

Car lorsqu’il n’arbore pas une figure humaine, l’infortuné super-héros apparaît toujours sous les traits d’un grand brûlé, grâce à un maquillage saisissant d’Evan Campbell reproduisant fidèlement celui que Tony Gardner créa pour le premier film. Vosloo apporte au docteur Peyton Westlake, alias Darkman, de la force, de la détermination et une certaine décontraction qui nous éloignent quelque peu du héros brisé et schizophrène créé par Sam Raimi. Le déséquilibre mental, les tourments psychologiques et les troubles sentimentaux ont donc été évacués au profit d’une action soutenue et quelque peu basique. Seul rescapé du casting précédent, Larry Drake vole du coup la vedette au héros dans le rôle du parrain mafieux Robert G. Durant. 

Laissé pour mort à la fin du film précédent, il s’éveille d’un long coma et reprend illico les choses en main. Bien décidé à régner définitivement sur le milieu de la pègre et l’empire de la drogue, il fait évader un savant un peu fou et l’engage pour créer des armes d’un nouveau genre, à mi-chemin entre la mitrailleuse et le pistolet laser. Pour mettre en place sa chaîne de fabrication, Durant s’installe dans un entrepôt dont il fait assassiner le propriétaire. Or, comme par hasard, ce dernier était un scientifique qui œuvrait sur la création d’une peau artificielle, et qui avait été contacté par Peyton Westlake, désireux de trouver une solution pour que ses masques ne se désintègrent plus au bout de 90 minutes d’utilisation. 

Darkman se retrouve donc une fois de plus face à son ennemi juré, et l’affrontement qui s’ensuit emprunte prudemment des chemins déjà très balisés. Car si Bradford May signe là une mise en scène nerveuse et efficace, et s’il maîtrise visiblement les cascades spectaculaires et les effets pyrotechniques en tout genres, le grain de folie de Sam Raimi fait ici cruellement défaut. D’autant que la plupart des situations décrites dans cette séquelle, et notamment les dédoublements des méchants grâce aux masques du Darkman, ont déjà été vues dans le premier film. Ce qui n’empêchera pas pour autant Universal de confier à Bradford May une seconde séquelle, toujours avec Vosloo, mais cette fois-ci sans Larry Drake.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en juin 1999

© Gilles Penso
Thema: SUPER-HÉROS