1975 - DOC SAVAGE ARRIVE !

 

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(Doc Savage: Man of Bronze)
 de Michael Anderson (Etats-Unis)
avec Ron Ely, Paul Gleason, Bill Lucking, Michael Miller, Eldon Quick, Darrell Zwerling, Paul Wexler, Pamela Hensley

Avouons-le sans détour : le tout premier long-métrage adaptant l’univers Marvel est un nanar de compétition. Certes, avant d’être héros de comic book, Doc Savage « l’homme de bronze » exhibait sa force dans une série de romans d’aventure écrits par Kenneth Robeson dès 1933, mais c’est de toute évidence les planches dessinées par Ross Andru et scénarisées par Steve Englehart à partir de 1972 qui servirent d’inspiration au réalisateur Michael Anderson (L’Âge de Cristal, Orca) et au producteur George Pal (La Guerre des Mondes, La Machine à explorer le Temps). Annoncé dans la BD d’origine comme « le premier super-héros de tous les temps » (ses aventures littéraires précèdent en effet celles de Superman), Doc Savage prend dans le film les traits du robuste Ron Ely, qui luttait contre le crime en peaux de bêtes dans la série Tarzan entre 1966 et 1968. 

Du haut de ses presque deux mètres, l’athlétique comédien, flanqué de cinq faire-valoir caricaturaux (un avocat, un chimiste, un ingénieur, un archéologue et un électricien), lutte ici contre le maléfique capitaine Seas (Paul Wexler) qui veut mettre la main sur la réserve d’or dont Savage vient d’hériter. Très imprégné d’une autodérision apparemment héritée de la série Batman, Doc Savage serait drôle au premier degré s’il assumait pleinement sa fonction de parodie. Mais les gags volontaires qui ponctuent le film (l’œil de Savage qui brille, l’homme de main qui dort dans un grand lit de bébé à bascule, la musique de fanfare qui accompagne les scènes de batailles) tombent désespérément à plat, et la plupart des parti-pris artistiques du film (la chanson d’opérette qui vante les mérites de Doc Savage, le jeu excessif de l’intégralité des comédiens, les dialogues stupides, les situations absurdes) laissent perplexes. 

A ce titre, l’interminable affrontement final entre Savage et Seas, au cours duquel les belligérants adoptent tour à tour toutes sortes de techniques de combat (dont les noms s’affichent à l’écran : sumo, kung-fu, karaté, boxe), nous embarrasse et nous navre à défaut de nous distraire. Même l’élément fantastique s’avère traité par-dessus la jambe. Le héros semble en effet doué de super-prouvoirs ponctuels (des dons de télépathe, une invulnérabilité totale face aux coups de feu) que rien n’explique, tandis que les vilains utilisent pour se débarrasser de leurs victimes « la mort verte », autrement dit des serpents volants phosphorescents (réalisés en animation) contre lesquels Savage possède miraculeusement un antidote. 

Pour parachever le massacre, la version française juge bon de doter le valeureux docteur d’un zozotement appuyé qui tourne en ridicule la moindre de ses répliques. Ainsi, lorsque notre homme regarde fièrement l’horizon en déclarant à ses fidèles compagnons « nous devons confacrer faque moment de notre vie à fouffrir pour nous vaméliorer fans feffe dans la mevure de nos moyens, et fe pour le plus grand profit de touf », la solennité en prend un coup ! La fin ouverte du film nous promet une séquelle : « Ne manquez pas la prochaine aventure de Doc Savage, l’ennemi du mal ! ». Mais fort heureusement, les exploits de « l’homme de bronze » resteront sans suite.

© Gilles Penso

BONUS : La jaquette VHS

 
BONUS : Un poster américain

BONUS : Couverture du premier comics consacré à Doc Savage