1969 - DRACULA CONTRE FRANKENSTEIN

 

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(Los Monstruos del Terror)
de Tulio Demichelli et Hugo Fregonese (Espagne / Italie / Allemagne)
Avec Michael Rennie, Craig Hill, Paul Naschy, Karin Dor, Patty Shepard, Helga Geissler, Angel del Pozo, Fajda Nicol

Réalisé à l’initiative du comédien Paul Naschy (qui écrivit le scénario sous son vrai nom Jacinto Molina), Dracula contre Frankenstein est le quatrième film dans lequel il incarne le loup-garou Waldemar Daninsky, toujours très inspiré par les prestations de Lon Chaney Jr. Tournée en seulement six jours avec des moyens ridicules, cette coproduction germano-espagnole fut commencée par le réalisateur argentin Hugo Fregonese, qui démissionna finalement en cours de route. Tulio Demichelli prit donc le relais pour terminer comme il put cet improbable métrage aux allures de patchwork. Michael Rennie, qui fut l’extra-terrestre Klaatu dans l'excellent Le Jour où la Terre s'Arrêta, joue ici un alien bien moins convaincant, Odo Warnoff, lequel décide de conquérir la Terre en se servant des émotions humaines, car sa planète Ummo, est en train de mourir. 

Pour y parvenir, il décide de ranimer tous les grands monstres de la Terre et de se constituer une armée de jolies femmes, suivant un plan pas très clair que même Ed Wood aurait sans doute eu du mal à comprendre. Il réveille donc Dracula (Angel del Pozo, aux allures de play-boy latino) en enlevant le pieu fiché dans son squelette exposé dans une foire (une idée reprise sans vergogne à La Maison de Frankenstein), puis ressuscite le Loup-Garou Waldemar Daninsky (Naschy) en extrayant les balles d'argent qui ont pénétré son cœur, fait revivre la Momie avec un miroir sacré, et ranime le Monstre de Faranksalam (un patronyme bizarroïde employé pour éviter des problèmes juridiques avec Universal) grâce à l'énergie atomique. 

Ce dernier, incarné lui aussi par Paul Naschy et maquillé à la Boris Karloff, a une allure piteuse, un visage inexpressif et des yeux constamment fermés. Il n’est pas interdit de lui trouver d’ailleurs quelques ressemblances physiques avec notre Charles Aznavour national ! Malgré le titre français, le monstre n'affronte jamais Dracula, mais se castagne avec la momie au cours d’une des scènes les plus distrayante d’un film par ailleurs soporifique. Le vampire meurt finalement d'une épée plantée dans le cœur (il se décompose en fondus enchaînés), la momie brûle dans la roue enflammée d'un moulin, le Monstre karloffien s'écroule dans une série de crépitations, et le loup-garou est tué d'une balle d'argent par une femme tombée amoureuse de lui, qui trépasse à ses côtés alors qu'il redevient humain… Encore une scène allègrement photocopiée sur le scénario de La Maison de Frankenstein 

D'ailleurs, le film entier semble s'inspirer des œuvres d'Erle C. Kenton, avec une maladresse qui en devient presque touchante, Naschy n’ayant jamais caché son admiration sans borne pour les Universal Monsters de la belle époque. Michael Rennie aurait sans doute mérité un meilleur testament que Dracula contre Frankenstein. Ce fut pourtant son dernier film, le charismatique comédien s’éteignant hélas l’année suivante. Les distributeurs vidéo français, ne reculant devant rien, décidèrent de rebaptiser le film Réincarnator au milieu des années 80.

© Gilles Penso