LE TOP 20 DES PIRES REMAKES DE L'HISTOIRE DU CINEMA FANTASTIQUE




C'est une manie à Hollywood, aussi cyclique que les phénomènes de mode. Qu'ils soient en panne d'inspiration ou en quête d'une franchise déjà connue du public et donc susceptible d'attirer automatiquement les gens dans les salles, les studios ont la manie de la photocopieuse. Ils reprennent les films d'antan - de préférence des classiques ou des films culte - et les modernisent en les dotant de têtes d'affiches plus ou moins connues. Le phénomène est régulier et les cinéphiles ne s'y retrouvent hélas que rarement. En ce domaine, c'est le cinéma fantastique qui est le plus touché. Voici donc un top 20 - très subjectif - des pires remakes du genre, classés par ordre d'apparition à l'écran…

Diabolique de Jeremiah Chechnik, qui remplace Vera Clouzot et Simone Signoret par Isabelle Adjani et Sharon Stone, ne parvient tellement pas à adapter correctement le classique de H.G. Clouzot qu'il multiplie les rebondissements finaux jusqu'à se muer en comédie involontaire.


Avec Godzilla, Roland Emmerich parvient à faire presque pire qu'Independence Day, ce qui est en soi un bel exploit. Ignorant superbement l'essence du Gojira d'Inoshiro Honda, il singe surtout le Jurassic Park de son idole Steven Spielberg tout en accumulant les scènes d'action grotesques (mention spéciale pour la poursuite entre le dinosaure et le taxi).


Dans la série des remakes les plus inutiles de tous les temps, le Psycho de Gus Van Sant est en très bonne place. Copie plan par plan du chef d'œuvre d'Alfred Hitchcock, il se contente d'y ajouter la couleur, quelques plans subliminaux bizarres et un casting bien fadasse (Anne Heche et Vince Vaughn à la place de Janet Leigh et Anthony Perkins, on y perd sérieusement au change !).


Comment massacrer l'un des films de fantômes les plus subtils de l'histoire du cinéma ? En le truffant d'effets numériques, en multipliant les rebondissement absurdes et en laissant en roue libre des comédiens qui semblent se demander quoi faire. Bien joué, Jan de Bont !


Dragon Rouge est un remake qui ne se l'avoue pas. Sous prétexte de réadapter à sa sauce le célèbre roman de Thomas Harris, Brett Ratner se contente de reproduire sans talent l'œuvre magnifique de Michael Mann et se repose sur un casting quatre étoiles qui ne sauve pas l'entreprise du naufrage.


John McTiernan est un réalisateur que nous adorons et que nous respectons par-dessus tout, et son remake de L'Affaire Thomas Crown de Norman Jewison débordait de charme. Mais sa relecture de Rollerball, du même Jewison, est une véritable torture ! Allez va, on te pardonne pour cette erreur de parcours, McT !


Amityville la Maison du Diable de Stuart Rosenberg n'est pas déjà en soi une œuvre impérissable. Le remake d'Andrew Douglas, lui, est tout à fait oubliable. D'ailleurs je l'ai oublié…


Transporter l'intrigue du Dark Water original du Japon au New Jersey et remplacer Hitomi Kuroki par Jennifer Connelly : voila le seul apport de ce remake signé Walter Salles au joyau d'Hideo Nakata. Au passage, toute l'émotion initiale s'est évaporée…


John Carpenter n'est pas regardant sur les remakes de ses films. Toutes ses illusions vis-à-vis du système hollywoodien s'étant depuis longtemps évaporées, il encaisses ses chèques et ferme les yeux. D'où ce Fog affligeant signé Rupert Wainwright.


A quoi bon vouloir refaire l'effrayant La Malédiction ? Le classique de Richard Donner se suffit bien sûr à lui-même, et cette photocopie signée John Moore ne sert donc à rien, s'encombrant en outre d'erreurs de casting monumentales.


Remake paresseux, le Terreur sur la Ligne de Simon West n'adapte que le premier quart d'heure de son modèle (qui avait déjà inspiré le prologue de Scream) et tente de l'étirer sur 90 minutes, sacrifiant au passage tout l'aspect psychologique perturbant du shocker de Fred Walton. Résultat : un ratage complet.


Là, le désastre était évident. Essayer de transformer The Wicker Man , un OVNI atypique antireligieux à mi-chemin entre la comédie et le film d'horreur, en thriller classique, c'était suicidaire. Neil la Bute se vautre donc en beauté.


Le classique de l'épouvante routière réalisé par Mark Harmon méritait-il ce remake impersonnel traité par dessus la jambe par le clippeur Dave Meyers avec la bénédiction du producteur Michael Bay ? Non, bien sûr.


A ma droite, une satire délirante et futuriste bourrée de violence, d'humour et de folie, avec David Carradine et Sylvester Stallone. A ma gauche une film de poursuite de voitures avec Jason Statham. Voilà.


Aïe aïe aïe ! Il était évident qu'il ne fallait pas toucher à l'un des plus grands films de science-fiction de tous les temps, signé par l'un des plus grands réalisateurs de tous les temps. Keanu Reeves est un extra-terrestre crédible, Jennifer Connelly est délicieuse, comme toujours, mais ce remake est une aberration à effacer au plus vite de toutes les mémoires.


La méthode Gus Van Sant a visiblement fait école, mais ici l'exercice s'avère encore plus absurde que dans Psycho. Le réalisateur américain John Erick Dowdle reproduit en effet à l'image près tous les mouvements de caméra accidentés et en partie improvisés du found footage efficace de Plaza et Balaguero. Absurde.


Malgré quelques idées intéressantes et des séquences de suspense efficaces, Les Griffes de la Nuit version Samuel Beyer n'arrive même pas au petit doigt de pied du chef d'œuvre terrifiant de Wes Craven, et se permet en outre des choix scénaristiques très discutables.


Par Crom ! Ils ont osé s'attaquer au monumental classique de John Milius ! Les fous ! Certes, Marcus Nispell est un réalisateur de talent et Jason Momoa a indiscutablement le physique de l'emploi. Est-ce suffisant pour faire un bon film ? Bien sûr que non.

 
La planète Mars, ça faisait quand même plus rêver que ce tunnel improbable qui traverse la Terre pour lier les deux parties habitées du globe. Len Wiseman a beau faire ce qu'il peut, il reste péniblement dans l'ombre du génial Total Recall de Paul Verhoeven. Comment pourrait-il en être autrement ?


Gil Kenan essaie visiblement de construire une atmosphère oppressante et des personnages crédibles. Mais tout s'écroule comme un château de cartes dès que le surnaturel surgit, en images de synthèse et en 3D. De toutes façons, comment rivaliser avec Tobe Hooper, Steven Spielberg et Jerry Goldsmith ?