1992 - CANDYMAN

 

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de Bernard Rose (Etats-Unis)
Avec Virginia Madsen, Tony Todd, Xander Berkeley, Kasi Lemmons, Vanessa Williams, Ted Raimi

Les écrits horrifiques de Clive Barker ne surent pleinement s’épanouir à l’écran que lorsque l’auteur décida lui-même de les mettre en image, nous livrant coup sur coup les cauchemardesques Hellraiser et Cabal. Comme s’il avait donné les clefs de la juste transposition filmique de son œuvre, d’autres cinéastes purent s’engouffrer dans la brèche pour s’efforcer de rester fidèles à son univers tout en l’imprégnant de leur propre personnalité. Ainsi naquit Candyman, scénarisé par Barker d’après son roman « The Forbidden » et réalisé par Bernard Rose. Assistant de Jim Henson sur Le Muppet Show et Dark Crystal, réalisateur du fameux clip « Relax » pour le groupe Frankie Goes to Hollywood, Rose se fit remarquer avec le long-métrage fantastique Paperhouse en 1988, une sorte de tremplin vers Candyman

Tout part d’une légende urbaine se répandant depuis des siècles dans le quartier défavorisé de Cabrini-Green. En 1890, le fils d’un esclave profita de la fortune soudaine de son père, inventeur d’une machine à fabriquer des chaussures après la guerre civile, pour suivre un cursus universitaire prestigieux et fréquenter la haute société. Artiste de grand talent, il se spécialisa dans les portraits de personnes fortunées. Le drame survint le jour où on le pria de capturer la beauté d’une jeune fille dont il tomba amoureux et qu’il mit enceinte. Fou de rage, le père de la belle engagea des hommes qui tranchèrent la main du peintre et le jetèrent dans une ruche où des milliers d’abeilles le piquèrent jusqu’à la mort. Son corps fut brûlé et ses cendres éparpillées dans Cabrini-Green. Depuis, la légende raconte que quiconque osera prononcer le nom de Candyman cinq fois devant un miroir ramènera dans le monde réel cet être maudit mué en monstre vengeur, armé d’un crochet et assoiffé de sang. Helen Lyle (Virginia Madsen) et Bernadette Walsh (Kasi Lemmons) souhaitent publier une thèse sur ce personnage mythique à qui on attribue deux meurtres récents. Peu à peu, leur vie s’apprête à basculer dans l’horreur… 

Dans Candyman, le glissement progressif de la réalité vers le fantastique pur s’opère de manière subtile et imprévisible. Helen étant un personnage délibérément sceptique, elle représente le pôle d’identification idéal du spectateur. Et lorsque le surnaturel s’invite dans son existence, nous basculons en même temps qu’elle. Jusqu’à la fin du métrage, le doute reste d’ailleurs permis : les exactions du croquemitaine au crochet, son existence même, sont-elles le fruit de l’imagination de la jeune femme – soudain victime d’hallucinations successives – ou non ? 

Comme toujours, chez Clive Barker, la tentation du plaisir interdit s’empare des protagonistes, dès lors attirés par le mal et la souffrance. La relation trouble qui se noue entre Helen et Candyman (très impressionnant Tony Todd) illustre à merveille cet effacement de la frontière entre la séduction et la peur, entre le plaisir et la douleur. Nimbé d’une envoûtante partition pour piano, orgues et chœurs composée par Philip Glass, Candyman est un film d’horreur profondément mélancolique qui demeure à ce jour l’une des plus belles adaptations des écrits tourmentés de Clive Barker.

© Gilles Penso
Thema: DIABLES ET DÉMONS


BONUS : Un extrait de la musique de Philippe Glass

 

BONUS : Une jaquette VHS du film