1981 - LA MALEDICTION FINALE


 

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(The Final Conflict)
de Graham Baker (Etats-Unis)
avec Sam Neill, Lisa Harrow, Barnaby Holm, Rossano Brazzi, Don Gordon 

Bien qu’elle n’ait été réalisée que trois ans après Damien, cette seconde séquelle de La Malédiction se projette neuf ans dans le futur, puisqu’ici Damien Thorn l’antéchrist a ternte-deux ans. Comme c’était à prévoir, il dirige maintenant la puissante multinationale Thorn Corporation et prépare lentement mais sûrement son règne de terreur à la surface de la Terre. Dans le rôle de Damien, on trouve un tout jeune Sam Neill, dont l’accès à la célébrité via des œuvres aussi dissemblables que Jurassic Park, L’Antre de la Folie ou La Leçon de Piano n’avait pas encore eu lieu. Le visage avenant, le sourire séduisant et le regard vif, il incarne à la perfection un fils de Satan adulte et présente une vraie similitude physique avec Jonathan Scott-Taylor qui le précédait à l’âge de 13 ans dans Damien.

Les prières qu’il adresse à son père cornu et les joutes verbales dont il accable Jésus le Nazaréen par l’intermédiaire d’une statue grandeur nature sont quelques-uns des passages les plus mémorables de sa brillante interprétation. Introduites dans les deux premiers films, les sept épées sacrées, seules capables d’anéantir l’antéchrist, ont été récupérées par un ordre secret de l’église catholique basé dans un village italien. Sept hommes d’église sont donc désignés pour exécuter le monstre à figure humaine, mais le Mal les en empêche de fort spectaculaire manière. D’où une nouvelle série de séquences choc, notamment sur un plateau de télévision et au beau milieu d’une chasse à courre. Alors que dans Damien les corbeaux annonçaient les morts violentes des ennemis du Malin, c’est ici un gros molosse noir qui assure le rôle d’oiseau de malheur.

Avec beaucoup d’élégance et de distinction, Damien fait pression auprès du président des Etats-Unis pour devenir ambassadeur d’Angleterre, son prédécesseur s’étant mystérieusement suicidé d’un coup de fusil en plein visage devant une dizaine de journalistes. Si l’antéchrist tient absolument à ce poste, c’est qu’une prophétie annonce la naissance prochaine d’une réincarnation du Christ quelque part au Royaume-Uni, sitôt que trois étoiles se seront parfaitement alignées entre minuit et six heures dans la matinée du 24 mars. N’y allant pas par quatre chemins, Damien ordonne à ses milliers de serviteurs d’assassiner tous les enfants mâles nés ce jour-là en Angleterre.

Les moments de pure angoisse se succèdent alors au cours du dernier acte, la violence psychologique prenant largement le pas sur l’horreur visuelle et nous assénant une poignée de séquences pour le moins perturbantes. Promu successeur de Richard Donner et Don Taylor, le réalisateur Graham Baker donne à cet ultime épisode une telle ampleur que nous n’avons plus affaire à un simple film d’horreur à suites, mais à une véritable saga dont les élans épiques trouvent leur écho dans la bande originale de Jerry Goldsmith, plus emphatique que jamais. Du coup, toutes proportions gardées, la trilogie la Malédiction est au Diable ce que Le Parrain était à la mafia : une plongée introspective au cœur du Mal, une fresque complexe et mouvementée dont chaque volet enrichit le précédent d’une profondeur nouvelle.

© Gilles Penso

BONUS : Poster alternatif