1978 - DAMIEN : LA MALEDICTION 2

 

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(Damien – Omen 2)
de Don Taylor (Etats-Unis)
avec William Holden, Lee Grant, Jonathan Scott-Taylor, Robert Foxworth, Lucas Donat, Nicholas Pryor, Lew Ayres, Sylvia Sidney

Pour cette suite très attendue de La Malédiction, Richard Donner passe le relais à Don Taylor, à qui l’on doit entre autres la version seventies de L’île du Docteur Moreau et Nimitz Retour vers l’Enfer. Désormais, Damien a treize ans, et il grandit au sein d’une nouvelle famille adoptive, sous la coupe de son oncle Richard Thorn qui juge bon de lui faire intégrer une école militaire pour parfaire son éducation, aux côtés de son cousin Mark. Mais plusieurs serviteurs du Malin guettent ses faits et gestes et s’efforcent de le préparer en douceur à son machiavélique destin, notamment l’un de ses enseignants interprété par Lance Henriksen, et un associé de son oncle qui compte exploiter la famine dans le monde pour faire fructifier la compagnie Thorn Industries dont il vient de devenir président. Symbolisée par la découverte d’un pictogramme en forme du nombre 666 sur son crâne chevelu, la prise de conscience par le jeune antéchrist de son rôle sur Terre passe par une étape de rejet. Terrifié, courant comme un dément jusque sur une berge, il crie face au ciel et à l’océan « pourquoi moi ? » Mais bien vite, il se rallie à la cause diabolique, et rien ne semble alors pouvoir l’empêcher d’étendre son règne de terreur. 

Suivant le schéma de l’épisode précédent, le scénario est ponctué de morts violentes sitôt qu’un individu s’efforce d’entraver la marche du Mal. La plus mémorable de ces scènes choc est probablement l’attaque d’une journaliste par un corbeau meurtrier au beau milieu d’une campagne déserte. Hurlant à la mort, les yeux crevés et ensanglantés, elle finit ses jours sous les roues d’un poids lourd. Réminiscence des Oiseaux et de La Mort aux Trousses, cette mise à mort paie donc son tribut à Hitchcock, mais les autres assassinats déguisés en accidents sont tout autant gratinés. Notamment l’ensevelissement de deux archéologues au fond d’une grotte tapissée de symboles diaboliques en plein Jérusalem, l’homme noyé dans un lac glacé qui cède soudain sous son poids, le docteur littéralement coupé en deux dans un ascenseur échappant subitement à tout contrôle, ou encore ce malheureux empalé par un train roulant tout seul à vive allure. 

Oiseaux de mauvais augure au sens littéral du terme, les corbeaux annoncent ici chaque malheur, soulignés par des ponctuations musicales stressantes à base de cordes pincées et de voix graves. Le scénario se référant régulièrement à la Bible, Jerry Goldsmith gonfle une fois de plus sa partition de chœurs religieux, puisant parfois son inspiration du côté du Carmina Burana. Fils d’un chacal selon la légende, Damien est interprété avec beaucoup de charisme par le jeune Jonathan Scott-Taylor, dont chaque regard s’avère glacial et effrayant. Le reste du casting, s’il ne bénéficie pas des têtes d’affiche de la première Malédiction, s’en tire malgré tout avec les honneurs. Avec une mention spéciale pour William Holden, en père adoptif bienveillant tiraillé par des sentiments contraires. L’efficace mise en scène de Don Taylor ne pâlit guère de la comparaison avec celle de Richard Donner, et ce second épisode se clôt à son tour sur une note inquiétante, amorale et ouverte sur une nouvelle séquelle potentielle.


© Gilles Penso

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