2012 - GHOST RIDER : L'ESPRIT DE VENGEANCE

(Ghost Rider : Spirit of Vengeance) 
de Mark Neveldine et Brian Taylor (USA)
avec Nicolas Cage, Ciaran Hinds, Violante Placido, Idris Elba, Christophe Lambert, Johnny Whitworth 

Mais qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête des dirigeants de Marvel lorsqu’ils ont donné le feu vert à ce second Ghost Rider ? Le film précédent était pourtant une catastrophe de grande ampleur, probablement le pire film de super-héros jamais réalisé, à côté duquel même les Captain America des années 70 mériteraient d’être revus à la hausse. Des lancements ratés de franchise, comme le Hulk de Ang Lee ou le Punisher de Jonathan Heinsleigh, ont été rebootés pour bien moins que ça. 

L’existence de ce Ghost Rider : l’Esprit de Vengeance est donc déjà en soi une sorte d’aberration contre-nature. Mais c’est lorsqu’on contemple le spectacle qu’on peut constater pleinement l’étendue des dégâts, avec en filigrane une interrogation lancinante : ne serait-il pas temps que Nicolas Cage change d’agent ? Comment un comédien aussi talentueux peut-il tomber aussi bas ? Pourquoi l’homme qui nous époustoufla dans Leaving Las Vegas, Sailor et Lula et Volte/Face continue-t-il à faire le pitre sur sa moto enflammée alors qu’il pourrait irradier tant d’autres films de sa présence magnétique ? Mystère. Séquelle tardive de la purge signée Mark Steven Johnson, Ghost Rider : l’Esprit de Vengeance se situe logiquement huit ans après les événements précédemment narrés. 

Johnny Blaze vit désormais isolé au fin fond de la Roumanie, avec le fol espoir de se débarrasser de la malédiction qui le mue en cavalier fantôme au crâne incandescent. Or un jour, l’énigmatique Moreau (Idris Belda affublé d’étranges lentilles de contact) lui demande instamment de sauver un enfant, Danny, capturé par le maléfique Roarke. Ce dernier serait un démon dont les plans viseraient à ressusciter Satan en personne. Il y a donc péril en la demeure, et notre Ghost Rider accepte de reprendre du service. Bien vite, on comprend que le personnage d’Idris Belda ne sert à rien d’autre qu’à expliquer au héros – et aux spectateurs – tous les tenants et les aboutissants d’un scénario qui, du reste, n’intéresse personne. Pourquoi le Diable veut-il récupérer Danny ? En quoi le sacrifice qu’il prépare consiste-t-il ? A quoi correspond la fameuse prophétie et comment la contrer ? Ne cherchez pas, Idris sait tout et débite de longues tranches de dialogues explicatifs pour nous tenir régulièrement au courant des événements. 

Entre deux scènes inutiles (une course de motos pour amuser Danny) ou grotesques (la vision du Ghost Rider qui urine des flammes !), le film avance donc pesamment, accompagné pas à pas par une bande originale mi-rock mi-orchestrale aussi subtile qu’un marteau piqueur. Les amateurs de nanars seront tout de même récompensés par l’intervention inespérée de Christophe Lambert en personne, le visage couvert de tatouages, dans le rôle improbable du chef d’une secte religieuse réfugiée dans le désert. Avec ses séquences de combat absurdes, ses effets spéciaux qui n’hésitent pas à en faire des tonnes et ses rebondissements aberrants, Ghost Rider 2 tient finalement du prodige, dans la mesure où il parvient à faire pire que son prédécesseur. Vivement le troisième opus, tiens !

© Gilles Penso