2009 - PREDICTIONS

 

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(Knowing)
d’Alex Proyas (USA)
avec Nicolas Cage, Chandler Canterbury, Rose Byrne, Lara Robinson, D.G. Maloney, Nadia Townsend, Alan Hopgood 

Prédictions part d’une idée géniale imaginée par le scénariste Ryne Douglas Pearson : pour fêter l’inauguration d’une école en 1959, on décide de demander aux enfants de dessiner le futur tel qu’ils l’imaginent et d’enfouir tous leurs dessins dans une « capsule temporelle » qui sera enfouie sous terre pour n’être ouverte que cinquante ans plus tard. En 2009, au moment de l’ouverture de la capsule, chaque élève de l’école hérite d’une des œuvres de ses prédécesseurs. Sauf qu’en décachetant son enveloppe, le jeune Caleb Koestler ne trouve pas un dessin mais une série de chiffres énigmatiques écrits à la main. Or ces chiffres semblent prédire l’avenir… 

Difficile de ne pas être intrigué par un tel point de départ. Naturellement séduits par cette idée, les producteurs Jason Blumenthal et Todd Black ont pourtant eu toutes les peines du monde à monter le projet. Rod Lurie et Richard Kelly furent tour à tour envisagés pour réaliser le film, avant qu’il n’atterrisse enfin entre les mains d’Alex Proyas. Tout désigné pour diriger cette fable de science-fiction, l’auteur de The Crow, Dark City et I, Robot s’en est emparé à bras le corps pour signer une œuvre marquante à plus d’un titre. La concrétisation du projet reposait sur les épaules d’une tête d’affiche, et c’est Nicolas Cage qui s’en charge dans le rôle de John Koestler, le père de Caleb, un professeur d’astronomie bientôt obsédé par cette insondable liste de chiffres. 

L’une des scènes clefs du film, le crash d’un avion survenant sous les yeux de notre héros, fait définitivement basculer le récit tout en nous offrant un pur et magnifique moment de cinéma. Conçue en plan-séquence, cette catastrophe, prélude d’une série de désastres de plus en plus spectaculaires, s’avère remarquable du double point de vue de la technique et de la narration. Englobés avec le protagoniste dans ce cauchemar en temps réel, nous participons activement à son traumatisme et perdons peu à peu toute notion d’espace et de temps. Or telle est justement la thématique clef du film : l’absence totale de contrôle sur notre environnement spatio-temporel, malgré la science, les connaissances et le savoir que l’homme s’échine à accumuler depuis ses origines. 

On comprend que Richard Kelly, réalisateur de Donnie Darko, ait envisagé de s’attaquer à cette histoire, mais l’on se félicite que Proyas ait pris le relais, tant sa direction artistique, sa direction d’acteur et sa construction dramatique se mettent au diapason du sujet. D’autant que notre homme, malin, est parvenu à boucler son tournage en trois mois seulement (deux fois moins qu’I, Robot) grâce aux progrès de la technologie numérique (ce fut le premier long-métrage tourné avec la fameuse caméra Red One). Prédictions aurait pu être un chef d’œuvre. Il en avait l’étoffe. Hélas, au cours du dernier quart d’heure, Alex Proyas montre trop explicitement des choses qu’il aurait dû se contenter de suggérer, évacuant une bonne partie de la crédibilité de son intrigue et forçant exagérément un trait qu’on aurait aimé plus subtil. Tous disposés à nous laisser transporter, nous sommes quelque peu freinés par cette imagerie d’Epinal naïve et maladroite qui clôt le film sur une note un peu bancale. Dommage.

© Gilles Penso
Thema: CATASTROPHES