1988 - HELLRAISER 2 : LES ÉCORCHÉS


 

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(Hellbound : Hellraiser 2)
De Tony Randel (USA)
Avec Ashley Laurence, Clare Higgins, Imogen Boorman, Kenneth Cranham, Sean Chapman, Doug Bradley 

L’univers intriguant dévoilé par Hellraiser ne demandait qu’à être développé. Le quasi-débutant Tony Randel prend donc la relève de Clive Barker pour ce second opus dont le prologue nous révèle la genèse du personnage emblématique du film précédent : Pinhead. Un soldat colonial (Doug Bradley) y ouvre la fameuse boîte magique. Aussitôt, des chaînes prolongées par des crochets en surgissent et lacèrent sa chair. Son visage est tailladé, des clous y sont plantés à coup de maillets, le malheureux hurle à la mort… Voilà de quoi conditionner un public qui n’en espérait pas tant ! La suite du film prolonge directement l’intrigue du premier opus. Interrogée par la police suite à la mort mystérieuse de son père et de sa belle-mère, Kirsty (Ashley Laurence) est confiée à l’éminent docteur Channard (Kenneth Cranham), qui pratique des opérations à cerveau ouvert avec autant de décontraction que Steve Martin dans L’Homme aux Deux Cerveaux

Un soir, dans l’institut psychiatrique où elle est soignée, la jeune fille a une vision terrifiante : un écorché gémissant écrit avec son sang : « Je suis en Enfer, aidez-moi ». Elle est persuadée qu’il s’agit de son père. Lorsque Kyle (William Hope), l’assistant de Channard, lui rappelle que son géniteur a passé l’arme à gauche, elle répond sans se démonter : « Mon père est mort, il est seul et il souffre ! » Il se trouve que Channard est obsédé par les secrets de l’au-delà et collectionne tout ce qui a trait aux cubes magiques. Il a même passé un pacte avec la défunte Julia (Clare Higgins), s’engageant à la ressusciter en lui fournissant des victimes puisées dans son hôpital psychiatrique. 

Pour camoufler l’apparence hideuse de l’écorchée, Channard recouvre son corps de bandages, à la manière d’une momie, et une idylle trouble s’installe bientôt entre eux. « Il nous faut de la peau… en quantité », lui dit elle après un langoureux baiser. L’homme lui livre alors des dizaines de victimes enchaînées dans le crâne desquelles elle plante ses griffes écarlates pour puiser leur énergie vitale. Et la voilà enfin ressuscitée, face à un médecin aussi fasciné que le docteur Pretorius dans La Fiancée de Frankenstein (le costume en bandelettes semble s’y référer d’ailleurs directement). Mais la référence principale du film est une fois de plus le conte de fée. Et si le premier Hellraiser ressemblait à une variante horrifique de Blanche Neige (la jeune fille en robe de chambre immaculée affrontant sa maléfique belle-mère), nous avons plutôt affaire ici à une relecture d’Alice au Pays des Merveilles

Car lorsque la boîte s’ouvre à nouveau, notre héroïne se met à errer dans des labyrinthes dignes d’Escher, dominés par le dieu Léviathan, peuplés de Cénobites vengeurs et d’écorchés ensanglantés. Très généreux en maquillages gore, Hellraiser 2 nous donne également droit à la naissance d’un nouveau Cénobite, Channard lui-même, mué en monstre dont les mains se prolongent par des tentacules animés image par image et ornés d’instruments tranchants. Au cours du climax, il affronte les quatre autres Cénobites qui, en mourant, reprennent leur apparence humaine. Mais comme en Enfer, la mort est toute relative, tout ce beau monde reviendra dans Hellraiser 3.

© Gilles Penso