1997 - STEEL : DES NERFS D'ACIER

(Steel)
de Kenneth Johnson (USA)
avec Shaquille O’Neal, Annabeth Gish, Judd Nelson, Richard Roundtree, Irma P. Hall, Charles Napier, Ray J. Harvey Silver

Conforté par les succès télévisés de L’Homme qui valait trois milliards, Super Jamie et L’Incroyable Hulk, Kenneth Johnson choisit pour son second long-métrage cinéma (après Appelez-moi Johnny 5) de persister dans la voie du super-héros. D’où ce Steel, librement inspiré d’un personnage de DC Comics créé par Louise Simonson et Jon Bogdanove. Le basketteur Shaquille O’Neal interprète donc du haut de ses deux mètres seize John Henry Irons (ça ne s’invente pas !), concepteur d’armes pour l’armée américaine. Son dernier projet en date est un projectile hyper-puissant qui crée de gros dégâts sans blesser aucun humain. Le rêve de tous les militaires soucieux de se donner bonne conscience, en somme. 

Mais le jour de la démonstration, l’arme est sabotée, provoquant un gros désastre et paralysant les jambes de Susan Sparks, collègue d’Irons. Dégoûté, celui-ci démissionne de l’armée et décide de retrouver sa famille pour oublier le drame. Or l’auteur du sabotage, Nathaniel Burke, a intégré une société de jeux vidéo servant de couverture à du trafic d’armes, et s’est mis en tête de lancer sur le marché les redoutables fusils expérimentaux imaginés par Irons et Sparks. Ces derniers décroisent leurs bras et décident d’intervenir. Irons deviendra l’homme d’acier, un super-héros engoncé dans une armure invincible truffée de gadgets, et Sparks le guidera à distance depuis son fauteuil roulant. Et c’est parti pour de nouvelles aventures ! 

Dans la bande-dessinée originale, largement inspirée par le personnage d’Iron Man des Marvel Comics, l’homme d’acier était sauvé de la mort par Superman, et lorsque celui-ci mourait, le super-héros métallique reprenait son flambeau en lui rendant hommage. D’où une cape rouge et un bouclier arborant fièrement un grand « S ». Ici, l’allusion à Superman ayant été évacuée (à l’exception d’un tatouage sur l’épaule), notre homme d’acier se contente d’une carcasse à la Robocop et d’un marteau multi-fonctions ! Quant aux envolées du héros de papier, elles se sont muées en escalades à bout de filin et en poursuites à moto. Pourquoi pas ? A vrai dire, le problème de Steel ne réside pas dans son manque de fidélité au matériau dessiné initial, mais dans son manque d’ambition et d’ampleur. Certes, les cascades et la pyrotechnie sont largement de la partie, et les effets spéciaux sont tout à fait honorables. 

Mais le ton gentillet, le scénario basique et l’interprétation lisse de Shaquille O’Neal et de Judd Nelson, méchant sans aucun charisme, jouent sérieusement en sa défaveur. Le choix d’un basketteur superstar en guise de tête d’affiche fut probablement dicté par le succès de Space Jam, qui mettait en vedette Michael Jordan l’année précédente, mais il ne suffit guère à faire passer à la postérité ce Steel, qui ressemble beaucoup plus au pilote d’une série TV des années 80 qu’à un long-métrage post-Batman. Le résultat reste distrayant d’un bout à l’autre, notamment pour le jeune public à qui il semble être destiné en priorité, mais le film sombra rapidement dans l’oubli et dans l’univers impitoyable des rediffusions tardives et anonymes sur les chaînes câblées.

© Gilles Penso 
Thema: SUPER-HÉROS