1997 - RETROACTION



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(Retroactive) 
de Louis Morneau (Etats-Unis)
avec James Belushi, Kylie Travis, Shannon Whirry, Frank Whaley, Jesse Borrego, M. Emmet Walsh, Sherman Howard, Guy Boyd 

Futur réalisateur des forts sympathiques La Nuit des Chauve-Souris et Fausse Donne, Louis Morneau s’est spécialisé dans les films de genre efficaces à budgets modestes. Rétroaction ne déroge pas à la règle, magnifiant comme souvent chez Morneau de vastes et photogéniques paysages désertiques. Laissée en plan sur une autoroute déserte au fin fond du Texas après un accident de voiture, Karen Warren (Kylie Travis) se résout à faire de l'auto-stop. Elle s'embarque alors dans la voiture de Frank (James Belushi) et Rayanne (Shannon Whirry).

En route pour vendre des puces informatiques qu’il a obtenues illégalement, Frank s’engage dans une violente dispute avec Rayanne, qu’il soupçonne de vouloir trahir sa confiance, et finit par l’abattre froidement sans autre forme de procès. Paniquée, Karen se jette alors hors de la voiture et se réfugie dans un bunker en béton. Elle ignore que cet endroit est un lieu expérimental où le scientifique Brian (Frank Whaley) est en train de mettre à point une machine à remonter le temps, s’efforçant de déplacer un animal vingt minutes dans le passé. La voilà transportée à la place du cobaye quelques minutes avant le drame. Elle essaye alors de contrecarrer les plans de Frank et de sauver la vie de Rayanne. Mais sa tentative échoue lamentablement. Dès lors, elle va revivre inlassablement la même scène, cherchant à chaque fois à éviter le pire.

 Rétroaction s’affirme ainsi comme nouvelle variante sur le thème de la boucle temporelle condamnée à se répéter perpétuellement, une mécanique narrative qui servit déjà de charpente à Un Jour sans Fin et 12 : 01. Ici, comme le titre l’indique sans détour, c’est l’action qui prime. Du coup, même si l’argument de départ repose sur une expérience scientifique qui tourne mal, les multiples paradoxes métaphysiques liés au bouleversement du continuum espace-temps ne sont pas l’intérêt prioritaire des scénaristes Michael Hamilton-Wright, Robert Strauss et Philip Badger. Plus laconiquement, comme le dit Emmet Brown dans Retour vers le Futur 2, « on s’en balance ». Le moteur principal de Rétroaction, ce sont les poursuites de voitures, les fusillades et le suspense haletant. Et comme le drame sanglant qui sert de base au récit ne cesse de se répéter, le public se demande en permanence : « comment tout cela va-t-il finir cette fois ? »

Le scénario redouble donc d’ingéniosité en nous proposant des variantes sur le même événement, chaque nouvelle version s’avérant plus catastrophique que la précédente, limitant les possibilités de dénouements positifs et illustrant avec efficacité la fameuse théorie du chaos. Plutôt habitué à la comédie légère, James Belushi campe un fort savoureux méchant, entouré de Kylie Travis et Shannon Whirry, deux charmantes et charismatiques comédiennes qui lui donnent la réplique et tentent d’échapper à ses griffes (il nous livre même un hommage furtif à son frère John, le temps d’une allusion aux Blues Brothers, à quelques secondes de la fin du film). Pétri de qualités, Rétroaction est à ce jour le film dont Louis Morneau est le plus fier. Comment lui donner tort ?

© Gilles Penso